Enfin la commande passée sur internet arrive ! Joie et excitation de la découverte : l’emballage rapidement déchiqueté part vite fait dans une poubelle (recyclable dans le meilleur des cas). Avec la croissance du shopping en ligne, les déchets d’emballages prolifèrent.
En 2018 en France, 550 millions de colis issus du e-commerce ont été envoyés générant 137 000 tonnes de déchets. Le nombre de colis pourrait grimper d’ici à 2021 à un milliard par an. Ce gâchis n’a pas laissé indifférentes Léa Got (X-HEC) et Anne-Sophie Raoult (Master en achats) qui ont lancé en juillet 2020 Hipli, un colis réutilisable plus de 100 fois.
Emballage circulaire
Hipli Cette enveloppe en polypropylène (les matériaux recyclés n’ayant pas résisté aux tests), dotée d’une fermeture éclair et d’une puce RFID pour identifier ses cycles d’utilisation se replie après usage et se glisse dans n’importe quelle boîte aux lettres après usage. Il faut donc que le client final s'investisse dans le process par un petit geste. Le retour est toutefois pré-payé et n'implique donc pas de charge financière. La start-up la réceptionne, la nettoie, la répare si nécessaire et la remet dans le circuit.
Proposée par les e-commerçants gratuitement ou pour un coût modique partagé avec son client, elle a déjà séduit plusieurs marques de vêtements éco-responsables comme Asphalte ou Lemahieu. Le service coûte 2 euros aux marques.
Accélérée par la Poste et soutenu par Bpifrance
La start-up Hipli est basée au Havre (Seine-Maritime) et travaille avec un logisticien local sous statut d’entreprise adaptée, tout en étant soutenu par le programme d’accélération de la Poste, French IoT. La puce RFID et l’étiquette de sécurité proviennent d'une entreprise normande et le contenant lui-même est fourni par l’entreprise Plast-up et fabriqué en Chine. Selon Anne-Sophie Raoult, "Pour l’instant, nous n’avons pas trouvé de fournisseur en Europe pour le contenant mais nous avons des pistes pour le rapatrier." Selon leur analyse du cycle de vie, le bilan carbone de leur offre est meilleure qu'un colis en carton dès le deuxième usage.
Les deux start-uppeuses ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin, car au-delà des vêtements, le challenge est encore à résoudre pour le transport des objets fragiles. "Ils génèrent encore plus de déchets car il faut les protéger et nous avons des demandes des secteurs des cosmétiques ou de l’agro-alimentaire". Des prototypes sont en cours pour y répondre soutenu par un financements de la bourse FrenchTech de Bpifrance.



