Après un an de retard, le voici enfin opérationnel. Le Yara Birkeland, premier cargo 100 % électrique et autonome, est désormais prêt à prendre le large pour son premier voyage sur les côtes norvégiennes. A cause de la pandémie et de problèmes logistiques, son départ initialement prévu pour l’automne 2020 a été retardé d’un an. Sa construction avait été annoncée en 2017 par le chimiste norvégien Yara International, connu pour sa production d'engrais azoté. Fondée en 1905, cette entreprise emploie 17 000 personnes dans le monde et a réalisé un chiffre d’affaire de 11,6 milliards de dollars en 2020.
Capacité de 103 conteneurs
Le premier voyage du Yara Birkeland aura lieu entre deux villes norvégiennes avant la fin de l’année. Sans équipage à son bord, les mouvements du navire seront surveillés depuis trois centres de contrôle de données à terre. Il peut naviguer à une vitesse maximale de 13 nœuds (24 km/h) et dispose d’une batterie de 7 MWh soit « environ mille fois la capacité d'une voiture électrique », selon Jon Sletten, directeur d'usine de l'usine Yara à Porsgrunn, en Norvège.
La capacité de transport du cargo est de 103 conteneurs, bien loin de celle des porte-conteneurs qui eux peuvent en transporter plusieurs milliers. Cependant, le navire permettra de faire l’économie de 40 000 trajets de camion par an en Norvège.

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Verdir le transport maritime
Le Yara Birkeland est né du partenariat entre Yara International, Kongsberg Maritime et le constructeur naval Vard pour réduire les émissions d’oxyde d’azote et de dioxyde de carbone. Le choix de l’électrique n’est pas un hasard. Avec son réseau fluvial important et son relief montagneux, la Norvège couvre 95 % de ses besoins en électrique grâce à l’énergie hydraulique.
Selon l’organisation maritime internationale, l’industrie du transport maritime représente entre 2,5 % et 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le secteur cherche à réduire de moitié ses émissions d’ici à 2050 par rapport à 2008 avec un objectif de -40 % d’émissions par conteneur transporté d’ici 2030 et de 70 % d’ici à 2050.
Les défis des navires autonomes
Interviewé par CNN, Rudy Negenborn, professeur de technologie maritime et de transport à l'Université de technologie de Delft, aux Pays-Bas, se félicite du projet Yara Birkeland mais pointe plusieurs défis au développement des navires autonomes, dont la navigation dans les grands ports. « À un moment donné, ces navires devront commencer à interagir les uns avec les autres afin qu'ils puissent échanger des informations et créer des chemins qui ne soient pas conflictuels », dit-il.
Le professeur mentionne également la nécessité de s’assurer d’un système d’autodiagnostic pour détecter les problèmes du navire. Enfin – tout comme pour la voiture autonome – se pose la question du cadre juridique encore flou concernant les navires autonomes. « Le Yara Birkeland opère le long de la côte norvégienne, mais s'il allait plus loin, il pourrait alors rencontrer d'autres régions territoriales avec peut-être des règles et des réglementations différentes qui doivent être respectées, ajoute Rudy Negenborn. Qui est responsable en cas de problème ? »



