« L’hydrogène est un grand rêve industriel » et « la France a besoin de rêve industriel», a lancé a Bruno Le Maire aux membres du Conseil national de l’hydrogène pour leur première réunion. Ce rêve pourrait virer au cauchemar si la France ne joue pas collectif.
Si elle veut produire son propre hydrogène avec sa propre énergie décarbonée et développer ses propres technologies d’électrolyse et de liquéfaction franco-françaises. Si elle n’accepte de faire équipe qu’avec l’Allemagne, espérant que les pays d’Europe du Sud et du Nord, les attendront pour s’équiper plutôt que d’aller frapper à la porte des Chinois.
D’abord parce que, comme l’a lui-même rappelé Bruno Le Maire, les 7 milliards d'euros du plan hydrogène français, «c'est beaucoup d'argent, mais c'est une goutte d'eau par rapport à ce qui sera nécessaire pour déployer l'intégralité de la stratégie hydrogène au cours des trois prochaines décennies ». Ensuite, parce que vu l’urgence climatique, il serait contre-productif de chercher à faire mieux technologiquement chacun dans son coin plutôt que de se concentrer sur l’intégration de technologies robustes et éprouvées.
Certes, l’innovation est indispensable pour faire voler des avions à l’hydrogène liquide, propulser des porte-conteneurs ou inventer la mobilité spatiale d’après-demain avec des stations-service hydrogène déployées dans l'espace. Mais l’urgence, aujourd’hui, est d’arriver à produire de l’hydrogène vert au même coût que l’hydrogène gris, soit 1,5 euro le kilo, pour le rendre compétitif avec les énergies fossiles. Ce serait possible dès 2030 affirment 30 industriels espagnols, français, italiens et allemands rassemblés dans le collectif Hydeal Ambition. Cela signifie constituer vite une vraie équipe européenne de l’hydrogène et que la France et l’Allemagne ne la jouent pas perso.



