L’homme fort des technologies d’Intel, Murthy Renduchintala, remercié

Quelques jours après avoir annoncé son retard dans le lancement de sa génération de puces de 7 nanomètres, Intel remanie sa direction de la technologie. Murthy Renduchintala, qui dirige cette activité depuis 2017, fait les frais de cette réorganisation.

 

Réservé aux abonnés
Murthy Renduchintala
Murthy Renduchintala, patron de la technologie d'Intel, est sur le départ

La sanction de Bob Swan, directeur général d’Intel, est tombée. Trois jours après avoir annoncé son retard dans la génération de puces de 7 nanomètres, le numéro un mondial des semi-conducteurs a décidé de remanier en profondeur sa direction de la technologie.

Le leadership de ses cinq pôles d’activité dans ce domaine (développement technologique, fabrication, conception, architectures et chaine logistique) est confié à cinq directeurs reportant directement à Bob Swan. Murthy Renduchintala, qui assume aujourd’hui l’intégralité de ces fonctions, est en conséquence sur le départ. Il quitte son poste le 3 août 2020.

Plongeon d'Intel en Bourse

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Lors de la publication de ses résultats trimestriels le 23 juillet 2020, Bob Swan a préféré jouer la carte de la transparence en prévenant les investisseurs que le lancement de la technologie de 7 nanomètres, prévu initialement à la fin de 2021, serait reporté à la fin de 2022, voire au début de 2023. Un aveu qui a fait l’effet d’une bombe, plongeant Intel en Bourse de plus 10 %.  Le directeur général a expliqué ce retard par un problème de rendement de production.

Pendant plus de cinquante ans, Intel a incarné la loi de Moore en étant la référence absolue dans les technologies de production de puces. Mais depuis la génération de 14 nanomètres, lancée en 2014, il n’a cessé de cumuler les ennuis au point de se mettre à la traîne sur les deux plus gros fondeurs de semi-conducteurs, sorte de sous-traitants : le taïwanais TSMC et le coréen Samsung Foundry. Alors que TSMC a déjà mis en production la technologie de 5 nanomètres, il n’en est encore qu’à celle de 10 ou 14 nanomètres selon les produits.

Bob Swan misait sur la génération de 7 nanomètres pour au moins rétablir la parité technologique avec TSMC et Samsung puisque sa technologie de 7 nanomètres est présentée comme équivalente en densité, performances et consommation à celles de 5 nanomètres des deux grands fondeurs de puces. Il n’en sera rien. Pragmatique, le directeur général a décidé de faire appel aux services des fondeurs pour sa prochaine génération de microprocesseurs. Une première dans l’histoire de cette entreprise qui tenait jusqu’ici à fabriquer en interne tous ses microprocesseurs pour PC et serveurs.

Aux devants de la course de la loi de Moore

En étant remercié, Murthy Renduchintala est désigné comme le responsable de ces déconvenues en série. Cet ingénieur électronicien de 51 ans était pourtant considéré comme l’un des hommes clés du management d’Intel. Il a été même pressenti comme un candidat potentiel au poste de directeur général du groupe après la démission surprise de Brian Krzanich en juin 2018. C’est finalement le directeur financier Bob Swan, auquel le conseil d’administration avait déjà confié l’intérim, qui sera retenu en janvier 2019.

Murthy Renduchintala a rejoint Intel en 2015 après avoir successivement travaillé pour Philips, Skyworks et Qualcomm. Il occupait son poste actuel de patron de la technologie depuis mai 2017. Selon Bob Swan, le remaniement vise à "accélérer le leadership produit et améliorer la concentration et la responsabilité dans l'exécution des plans de développement des technologies de production". L'avenir montrera s'il parviendra à remettre Intel aux devants de la course de la loi de Moore.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.