Intel rate sa génération de puces de 7 nanomètres… au bonheur de Samsung et TSMC

Confronté à des difficultés de rendement, le numéro un mondial des puces Intel accuse un important retard dans la mise en production de sa technologie de 7 nanomètres. Une déconvenue qui le contraint à se tourner pour la fabrication de ses futurs processeurs les plus avancés vers les fondeurs Samsung et/ou TSMC. Une sacrée humiliation!

 

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Intel usine de Hillsboro, Oregon
Usine de microprocesseurs d'Intel à Hillsboro, dans l'Oregon

Décidément, Intel ne parvient toujours pas à respecter son planning d’introduction des nouvelles technologies de production. Le numéro un mondial des puces, qui motorise avec ses processeurs près de 85 % des PC et 95 % des serveurs écoulés dans le monde, promettait de lancer sa prochaine génération de 7 nanomètres à la fin de 2021. Ce serait finalement à la fin de 2022, voire au début de 2023. En cause, un problème de rendement.

C’est-ce que son directeur général Bob Swan a avoué lors de la présentation des résultats trimestriels le 23 juillet 2020. Son aveu a fait l’effet d’une bombe. L’action d’Intel en Bourse a chuté de 9 %... au grand bonheur de son plus grand compétiteur technologique, le fondeur taïwanais de puces TSMC, dont l’action a bondi de plus de 4 %.

Intel devancé par TSMC et Samsung

Depuis la technologie de 14 nanomètres lancée en 2014, Intel est devenu coutumier des retards. Mais c'est sa technologie de 10 nanomètres qui a le plus défrayé la chronique. Son lancement en production a subi pas moins de quatre reports, occasionnant un retard de plus de trois ans sur le planning initial. Le groupe, qui a incarné la loi de Moore pendant plus de 50 ans, s'est trouvé alors devancé dans les technologies de production par non seulement TSMC, mais aussi le coréen Samsung.'

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Bob Swan, qui a pris officiellement les rênes de l’entreprise en janvier 2019, a fait du retour en tête de la course de la loi de Moore une priorité stratégique. Il avait promis le lancement de la technologie de 7 nanomètre à la fin de 2021. De quoi mettre Intel à parité technologique avec ses deux compétiteurs technologiques, puisque sa technologie de 7 nanomètres est considérée comme équivalente en densité, performances et consommation à celle de 5 nanomètres que TSMC a déjà mis en production au deuxième trimestre 2020, notamment pour la fabrication de la puce A14 Bionic du prochain iPhone 12 d’Apple. Il n’en sera finalement rien.

Une rupture dans la stratégie d'Intel

Intel ne peut plus se permettre d’être à la traîne, perdant des parts de marchés face à ses concurrents AMD, Nvidia, Qualcomm, Broadcom, Marvell ou encore Xilinx... qui bénéficient, eux, des technologies de production nec plus ultra en faisant fabriquer leurs puces par TSMC ou Samsung. Bob Swan a décidé d’avaler sa fierté et de faire comme ses concurrents en confiant, lui aussi, la fabrication de ses futurs processeurs les plus avancés à ces deux fondeurs. Mais seulement en partie. Une sacrée humiliation. Jusqu’ici, il faisait de la fabrication en interne de tous ses microprocesseurs de PC et serveurs un point d’honneur.

Bob Swan n’a pas dit s’il ferait appel aux services de TSMC, de Samsung ou des deux. Mais ce revirement marque une rupture majeure dans la stratégie d’Intel. Il masque les bons résultats du deuxième trimestre 2020, avec un chiffre d'affaires en hausse de 20 % à un record de 19,7 milliards de dollars et un bénéfice net en bond de 23 % à 5,1 milliards de dollars.

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