Eviter la casse à Béthune (Pas-de-Calais), où le groupe japonais Bridgestone envisage depuis septembre de cesser l’activité de son usine de pneumatiques. Le gouvernement a annoncé mardi 3 novembre la mise en place d’un accompagnement du Territoire d’Industrie de Béthune-Bruay dans l’optique de faire émerger de nouveaux projets industriels sur le bassin d’emploi, avec l’appui du cabinet Ernst & Young (EY). En parallèle, les projets locaux d’investissements des entreprises seront soutenus à titre prioritaire dans le cadre du fonds d’accélération des investissements industriels territoriaux.
Des chantiers à mener en parallèle de l’examen du projet alternatif à la fermeture de Bridgestone Béthune présenté à la mi-octobre. La ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, avait alors indiqué que la solution serait susceptible de "maintenir une production de 3 millions de pneus sur le site" avec "une agilité dans la production entre les pneus à faible valeur ajoutée et ceux à plus forte valeur ajoutée". Ce scénario pourrait permettre de conserver 460 à 560 emplois, sur les 863 personnes qui travaillent actuellement sur place.
L'intersyndicale demande "une solution pérenne"
Le tout, au prix d’un investissement de 100 millions d’euros et de gains de productivité de l’ordre de 25 à 40%. Pas de quoi rassurer les syndicats. Dans un communiqué, l’intersyndicale a estimé que "l’allongement du temps de travail sans rémunération" permettant d’aboutir à ces gains était une mesure "inacceptable pour les salariés dont les rémunérations approchent le minimum légal". Et de plaider à la fois pour "une solution pérenne qui soit mieux-disante en termes d’emplois" et l’obtention d’une "réponse ferme de Bridgestone".
Après la présentation du projet alternatif par le gouvernement et la région Hauts-de-France, la direction de Bridgestone avait simplement indiqué avoir "accepté d’examiner avec le cabinet Accenture sa viabilité durant les prochaines semaines". Le tout, en continuant de travailler "pour trouver toute solution externe susceptible de créer de nouvelles activités sur le site et pour le territoire". Jusqu’à présent, le groupe a toujours considéré que la cessation de l’activité était la seule solution susceptible de résoudre ses problèmes de surcapacités en Europe.



