Examiner un scénario alternatif. La ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, et le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, ont demandé à la direction Europe du fabricant de pneumatiques japonais Bridgestone d’examiner une autre option que la fermeture pure et simple de l’usine française de Béthune (Pas-de-Calais), lors d’un point presse organisé au ministère de l’Economie à Paris lundi 19 octobre.
En s’appuyant sur l’expertise du cabinet Accenture, auquel le gouvernement avait confié à la fin septembre une contre-expertise, Agnès Pannier-Runacher a évoqué un projet requérant "autour de 100 millions d’euros d’investissements", avec un maintien d’effectifs de l’ordre de 450 à 560 salariés, sur les 863 personnes que compte actuellement l’usine de production de pneumatiques de seconde monte – destinés au marché du remplacement.
3 millions de pneus produits
"Le scénario sur lequel nous travaillons vise à maintenir une production de 3 millions de pneus sur le site de Béthune, avec des machines à plus forte valeur ajoutée permettant à Bridgestone d’avoir une agilité dans la production entre les pneus à faible valeur ajoutée et ceux à plus forte valeur ajoutée, et donc une adaptation en fonction des conditions de marché", a mis en avant la ministre déléguée à l’Industrie, en présence des représentants syndicaux de Béthune.

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Ce scénario suppose toutefois "des gains de productivité allant, au premier chiffrage, entre 25 et 40%", a précisé Agnès Pannier-Runacher. "Ce scénario n’épuise pas le sujet de Bridgestone. En revanche, il a le mérite de maintenir la production sur le cœur de métier de Bridgestone à Béthune et d’offrir des opportunités de redéveloppement lorsque les conditions de marché seront meilleures", s’est félicité la représentante du gouvernement français.
"Bras de fer" en cas de refus
Et de prévenir : "Nous attendons des propositions à la hauteur des engagements [que Bridgestone a] donnés il y a quelques semaines en disant qu’il fallait assurer un avenir à chaque salarié du site. […] Faisons le concrètement et avec l’appui des salariés", a insisté Agnès Pannier-Runacher. De son côté, Xavier Bertrand a déjà prévu de "rentrer dans un bras de fer pour obtenir le maximum pour le site et les salariés" en cas de refus de Bridgestone d’étudier cette opportunité pour l’usine du Pas-de-Calais.
"Il ne faut pas que Bridgestone nous claque la porte au nez comme au début des discussions" a martelé le président de la région lors de son intervention lundi 19 octobre. "On ne part pas comme ça, en France", a-t-il ajouté.
Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion entre les représentants de l’Etat, de la région et les syndicats, la direction de Bridgestone a indiqué "[participer] activement à la recherche de solutions adaptées à la situation de chaque salarié de Béthune".
Bridgestone va examiner "la viabilité" du projet
"Bridgestone note qu’Accenture a commencé à explorer la possibilité de maintenir une partie de l’activité […] Cette possibilité repose néanmoins sur des hypothèses qui nécessitent d’être détaillées et travaillées. C’est pourquoi Bridgestone a accepté d’examiner avec Accenture sa viabilité durant les prochaines semaines", précise l’entreprise, tout en indiquant continuer de travailler "pour trouver toute solution externe susceptible de créer de nouvelles activités sur le site et pour le territoire".
"Les employés du site de Béthune qui trouveraient un nouveau poste (CDI ou CDD de plus de 6 mois), ou les personnes qui souhaiteraient très rapidement reprendre une entreprise ou commencer une formation longue, peuvent d’ores et déjà bénéficier d’un départ anticipé et, à terme, des mesures sociales d’accompagnement qui seront définies dans le plan", détaille la direction de Bridgestone dans son communiqué.



