Depuis la démission de Carlos Tavares à la tête de Stellantis, les spéculations sur sa prime de départ sont allées de bon train. Certains la chiffraient en dizaines de millions d’euros, elle est finalement plus modeste... à l’échelle de Stellantis. Habitué des salaires mirifiques, l’ex-directeur général a touché 12 millions d’euros après son départ, auxquels s’ajoutent 23 millions d’euros de salaires et primes touchés en 2024, a annoncé le constructeur automobile dans un rapport annuel jeudi 27 février.
A titre de comparaison, sa rémunération pour 2023 s’est élevée à précisément 36 494 025 euros. Les 23 085 718 euros de 2024 représentent donc une baisse de 37% et un retour aux chiffres de 2022. «Aucun bonus n’a été versé à l’ancien DG, les objectifs financiers pour 2024 n'ayant pas été atteints», signifie le groupe. En 2024, le constructeur a fait état de résultats en berne, et s’est avéré incapable de fournir une marge opérationnelle courante au-dessus de 10% pour la première fois depuis sa création en 2021.
12 millions d'euros d'indemnités de départ
Dans le détail, l’indemnité de départ se divise en deux enveloppes. L'une, de 2 millions d’euros, correspond au salaire annuel fixe de l’ingénieur portugais, «tel que requis par la loi néerlandaise», précise l’entreprise. L'autre, de 10 millions d’euros, s’y rajoute «au titre d'un bonus dans l'atteinte d'une étape de transformation de l’entreprise», atteinte avant son départ. En tout, Carlos Tavares doit toucher environ 35 millions d'euros, ce qui reste inférieur à sa rémunération en 2023.
Ces montants sont une fois de plus dénoncés par les syndicats de Stellantis : «Comment comprendre une telle somme et une telle rémunération quand l’augmentation pour les plus bas salaires sera de 28 euros […] et quand la part variable des cadres et salariés éligibles sera déjà diminuée de moitié en raison des objectifs du groupe non atteints ?», interrogent les représentants CFDT dans un communiqué publié le 28 février 2025, mentionnant des «négociations salariales très difficiles» plus tôt dans le mois.
Le groupe franco-italo-américain cherche encore celui qui remplacera Carlos Tavares, poussé vers la sortie par son conseil d’administration en décembre 2024. Son président John Elkann assure l’intérim et examine les candidatures. Le futur directeur général, qui doit être annoncé dans la première moitié de l’année, devra réfléchir au remaniement des 14 marques au portefeuille de Stellantis, et déterminera son point d’équilibre géographique entre l’Italie, la France et les Etats-Unis. Il aura également la charge de «réinstaurer une confiance interne solide et nécessaire pour rebondir après cette année difficile», ajoute la CFDT. Une gageure.



