La polémique est désormais annuelle. À l’occasion de l’assemblée générale de Stellantis, les actionnaires se sont prononcés mardi 16 avril à 70,21% en faveur de la politique de rémunération de l’entreprise, qui encadre les salaires de ses principaux dirigeants. Dont le patron, Carlos Tavares. Au titre de l’exercice fiscal 2023, l’ingénieur portugais touchera très exactement 36 494 025 millions d’euros (rémunération différée comprise), soit 56% de plus qu’en 2022.
Une rémunération qui reflète l’année de «performance record» enregistrée par le groupe en 2023 : Stellantis a affiché un bénéfice net de 18,6 milliards d’euros, en hausse de 11% par rapport à 2022. Chez Stellantis, l’adage veut que seule la performance protège. C’est également elle qui rémunère ses salariés. Ainsi, en 2023, le salaire de Carlos Tavares était lié à 93% à des objectifs de performance.
«Modifiez la loi et je la respecterai»
Le montant de la rémunération du dirigeant n’apparaît pourtant pas justifié aux yeux de tous. En amont de l’assemblée générale des actionnaires ce mardi 16 avril, trois grands cabinets de conseil aux actionnaires - ISS, Proxinvest et Glass Lewis - avaient appelé à voter contre la politique de rémunération du dirigeant, jugée excessive. «Si vous estimez que ce n'est pas acceptable, faites une loi, modifiez la loi et je la respecterai», rétorquait Carlos Tavares à la veille du vote consultatif. En l'occurrence, la loi qui s'applique est celle des Pays-Bas (où Stellantis a choisi s'installer), moins contraignante qu'en France.
En déplacement le 15 avril dans l’usine mosellane de Trémery-Metz (qui fabrique des moteurs électriques), le dirigeant ne se risquait à aucun pronostic : «On verra quel sera le résultat du vote», avait-t-il déclaré. «Si c’est approuvé, c’est approuvé. Si ce n’est pas approuvé, vous avez des choses à faire. C’est ce qu’on a fait il y a deux ans», a-t-il ajouté. En 2022, le rapport de rémunération de Stellantis n’avait été validé qu’à 47,9% par les actionnaires, poussant Stellantis à améliorer sa copie. Un an plus tard, 80,4% des actionnaires validaient la politique de rémunération.



