L’Europe et les ventes de navires dopent les exportations d’armement françaises à 8,3 milliards d’euros

Grâce au carton de Naval Group auprès des marines étrangères et l’explosion des ventes auprès des armées européennes, les exportations d’armes françaises se sont maintenues à un haut niveau en 2019.

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Corvette Gowind
En 2019, Naval Group a vendu quatre corvettes à la marine roumaine. En 2019, les prises de commandes dans le secteur naval ont pesé pour environ 50% des exportations françaises d'armement.

Même sans vente d’avions Rafale, les exportations d’armement "Made in France" se portent bien. A travers ses industriels, la France a vendu aux armées étrangères des hélicoptères militaires (Airbus), des corvettes (Naval Group), des satellites de télécommunications (Thales Alenia Space et Airbus), des systèmes anti-mines marines (Naval Group et ECA), des blindés terrestres (Nexter, Thales, Arquus), des prestations de rénovation de Mirage 2000 (Dassault Aviation) … Selon le rapport sur les exportations d'armement transmis au parlement le 1er juin 2020 par le ministère des Armées, les prises de commandes s’élèvent pour l’année 2019 à 8,33 milliards d’euros. Une bonne performance dont il se félicite : sans méga contrat d’aviation de combat ou de sous-marins, les exportations se situent en moyenne entre 6 et 7 milliards d’euros.

L'armée Belge, premier client à l'export de La France

L’exercice 2019 est marqué par deux grandes tendances. Les ventes vers nos partenaires européens sont de plus en plus significatives. L’an dernier, elles ont pesé pour 45% des exportations totales de la France (42% pour le périmètre de l’Union européenne) contre 25% en 2018. "C’est vraiment un changement massif de dimension de la composante européenne de nos ventes d’armes", se félicite-t-on au ministère des Armées.

Les ventes n’ont cessé de croître vers nos voisins européens : 500 millions d’euros en 2017, 2,3 milliards en 2018, et près 3,5 milliards en 2018. Entre 2012 et 2016, ces prises de commandes oscillaient entre 300 et 900 millions d’euros. 

La Belgique, premier client à l’export de la France avec une dépense de 1,8 milliard, a acheté des systèmes de guerre des mines marines et des blindés terrestres. Troisième meilleur client avec 630 millions de dépense, la Hongrie a acheté 36 hélicoptères.  Derrière avec 430 millions d’euros d’achat, l’Espagne a acquis deux satellites de télécommunications militaires. En dehors de l’Europe, les Emirats Arabes Unis et l’Australie sont les deuxième et cinquième meilleurs clients de la France avec respectivement 1,5 milliard et 430 millions d’euros de prises de commandes.

Le fond européen de défense destiné à financer l’innovation et le développement de matériel militaire en coopération, pourrait consolider cette tendance. Toujours objet de négociations, son montant pourrait s’établir à 9 milliards d’euros sur la période 2021-2027. C'est bien loin des 13 milliards initialement promis mais bien au-delà de la proposition de la précédente présidence finlandaise de l’Union à 6,5 milliards d’euros.

22 navires de surface vendus en six mois, un record

L’autre enseignement majeur : le carton de l’offre française auprès des marines étrangères. Les ventes dans le secteur naval atteignent environ 50% des prises de commandes totales contre 10% habituellement. Le fournisseur de navires de la marine nationale Naval Group a tiré son épingle du jeu. Le ministère de la Défense roumain l’a sélectionné avec le chantier naval local SNC en juillet 2019 pour la fourniture de quatre corvettes multi-missions et la rénovation de deux frégates roumaines T22. Au cours du premier semestre 2019, la France avait vendu 22 bâtiments de surface militaires largement à destination de pays européens (Roumanie, Belgique, Pays-Bas). Soit un record historique, à comparer aux 22 navires précédemment vendus en trente ans par la France !

La France est beaucoup moins consommatrice de systèmes d’armes étrangers. A titre de comparaison, les importations ne représentent que 5 à 10% des équipements militaires français. Parmi les gros achats réalisés : les drones armés Reaper et les avions de transport militaires C130 achetés auprès d’industriels américains. 

L'impact de la crise sanitaire

Covid-19 oblige et l’annulation de nombreux salons d’armement dont Eurosatory, les exportations d’armement devraient connaître un ralentissement significatif en 2020. Toutefois, la France et ses industriels se disent prêts à saisir la moindre opportunité. Comme en Inde. Paris rejette tout défaitisme et espère de vendre aux armées indiennes des Rafale supplémentaires.

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