L’Etat lance un plan d'action pour les fonderies et un fonds de 50 millions pour les reconversions de salariés

Un plan d’action visant à accompagner les fonderies françaises va être mis en œuvre. Il doit permettre de consolider le secteur. Un fonds de 50 millions sera dédié à la reconversion des salariés licenciés.

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Fonderie du Poitou
Dans la Vienne, la faillite de la banque Greensill a entraîné le placement en redressement judiciaire de deux fonderies auto.

L’Etat au secours des fonderies françaises. A l’issue d’un comité stratégique de la filière automobile organisé lundi 26 avril, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé la création d’un plan d’action visant, selon ses mots, à "donner à la fonderie française la capacité de se réinventer et se projeter vers l’avenir".

"Les fonderies françaises, c’est 355 entreprises, 30 000 emplois directs dont 15 000 liés à l’automobile", a rappelé le ministre lors d’une conférence de presse. Problème : "Notre outil de production est trop petit, trop dispersé à travers le territoire, il n’y a pas eu de consolidation et le positionnement sur le marché n’est pas celui qui est le plus porteur pour les années à venir", a listé Bruno Le Maire. "Nous sommes trop concentrés sur les métaux ferreux alors qu’ils seront moins utilisés dans les voitures. On en utilise 120 kilos dans un véhicule diesel, et quatre fois moins, 35 kilos, dans un véhicule électrique", a illustré le ministre, qui a annoncé la mise à disposition d’experts de Renault et Stellantis pour accompagner les fonderies "dans leur diversification et l’atteinte de l’excellence opérationnelle".

Diversifier et consolider le secteur

Parmi les secteurs de diversification envisageables, Bruno Le Maire a évoqué la piste du nucléaire, sans fournir toutefois plus de détails. Pour l’heure, 14 millions d’euros d’aides publiques ont été injectés dans 16 projets soumis par des fonderies en France, pour un montant total de 35 millions d’euros, a-t-il été rappelé lundi 26 avril.

L’Etat et la filière automobile veulent également pousser à une consolidation des acteurs du secteur. Dans un communiqué, l’exécutif précise que "le Fonds avenir automobile 2 (FAA2), d’une taille maximale de 525 millions d’euros, pourra intervenir pour renforcer les fonds propres des sous-traitants automobiles dans leurs projets de consolidation". Là encore, aucun détail n’a pour l’heure été donné concernant les pistes de consolidation possibles. Dans un article publié en début d’année, Les Echos estimait que ce mouvement pourrait s’orchestrer autour "des groupes GMD Eurocast, Saint Jean Industries et Montupet (racheté par le Canadien Linamar), qui approchent les 300 millions d'euros de chiffre d'affaires".

50 millions d'euros pour les salariés

Plus concrètement, le gouvernement a annoncé la création d’un fonds de 50 millions d’euros destiné aux salariés des fonderies. Celui-ci sera doté d’une enveloppe publique à hauteur de 30 millions, tandis que les constructeurs Renault et Stellantis se partageront les 20 millions d’euros restants. Cette initiative vise à "soutenir les projets de reconversion des salariés licenciés", a précisé Bruno Le Maire.

Les régions ont été invitées à participer également à cet effort. Des annonces qui interviennent dans un contexte très difficile pour l’activité de fonderie en France, en particulier dans le cas des entreprises orientées sur le secteur automobile. La faillite de la banque Greensill a ainsi entraîné il y a quelques jours le placement en redressement judiciaire de deux fonderies auto situées dans la Vienne.

Dans l’Aveyron, le seul repreneur de la société SAM a finalement retiré son offre. La situation est d’autant plus délicate dans la région que l’avenir de l’usine de Bosch, située non loin de Rodez et spécialisée pour sa part dans la production d’injecteurs diesel, est également en suspens. La direction du groupe allemand y a annoncé la suppression de 750 postes d’ici à 2025.  

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