Décollage réussi pour la première fusée privée d’Europe, susceptible d'aider à relancer les ambitions spatiales du continent. Le groupe espagnol PLD Space a lancé son premier mini-lanceur réutilisable Miura 1 samedi 7 octobre depuis un site de la province de Huelva, dans le Sud-Ouest de l'Espagne. Le lanceur suborbital a volé pendant 306 secondes et atteint une altitude de 46 kilomètres, avant de retomber dans l'Océan atlantique où il devait être récupéré d'ici la fin de la journée, a annoncé PLD Space dans un communiqué. Une première tentative avait été abandonnée en mai en raison de forts vents d'altitude. Une deuxième avait échoué en juin à cause d'un problème technique.
«L’Europe et le monde ont besoin d'une demi-douzaine de petits et moyens lanceurs, bon marché, agiles et surtout disponibles. PLD Space est la première entreprise européenne à répondre», a poursuivi la start-up soutenue financièrement par l’Etat espagnol et l'Agence spatiale européenne (ESA) dans son communiqué. Les observateurs attendent maintenant le développement des services orbitaux de Miura 5, un lanceur de plus grande taille, programmé pour 2025. Ce lanceur composé à 70% de composants mis au point pour Miura 1 décollera du Centre spatial de Kourou, en Guyane. PLD Space, qui compte 120 salariés dont plus de 90% planchent sur Miura 5 actuellement, espère assurer, d’ici à 2027, une dizaine de lancements par an.
La fin du programme Ariane 5
En juillet a eu lieu le dernier lancement de la plus grosse fusée européenne, Ariane 5, depuis la base de Kourou. Le continent dépendait jusqu'ici d'Ariane, offrant une capacité pouvant dépasser les 11 tonnes, pour les missions de grande envergure, du lanceur russe Soyouz pour les charges moyennes et de l'italien Vega, également lancé de Kourou, pour les petites missions. La fin du programme Ariane 5 laisse l'Europe virtuellement sans accès autonome à l'espace puisque son successeur Ariane 6 a été retardé à l'année prochaine.
Par ailleurs, la Russie a coupé l'accès au programme Soyouz en réponse aux sanctions européennes décrétées après son invasion de l'Ukraine tandis que la dernière version Vega-C souffre de problèmes techniques. L’ESA a annoncé la semaine dernière que ce lanceur ne reprendrait pas du service avant le quatrième trimestre 2024 après une mission avortée en décembre dernier.
Avec Reuters (Par Tim Hepher, avec Aislinn Laing, David Alire Garcia, Valentine Hilaire et Graham Keeley, Gilles Guillaume pour la version française)



