L'équipementier vélo Mavic vient d'annoncer la fermeture de son usine historique de Saint-Trivier-sur-Moignans (Ain), où il est implanté depuis 1966. Cette unité de production de roues et de jantes haut de gamme en aluminium devrait entraîner la suppression d'une quinzaine de postes. Propriété de la famille Bourrelier (Bricorama), Mavic dit subir de plein fouet «le retournement du marché depuis deux ans», explique Jean-Michel Bourrelier, co-président du groupe de distribution qui avait repris Mavic en juillet 2020.
Concurrence des roues carbone made in Asie
L'équipementier bien connu des cyclistes avertis prévoit de transférer sa production vers la Roumanie. La fermeture du site français est attendue au premier semestre 2025. L'invasion de l'Ukraine par la Russie, la hausse conjointe du prix de l’énergie et des matières premières, notamment de l'aluminium, la concurrence des pays de l’Est et de la Chine ont fait chuter l’activité de «tous les fabricants de vélos, qui sont nos clients. Le marché est à l'arrêt», témoigne Alberto Morgando, directeur général de Mavic.
Depuis 1966, l'entreprise produit dans l'Ain des jantes aluminium haut de gamme. Elle a atteint un million d'unités par an. Malgré un investissement de 10 millions d'euros annoncé en 2022, cette production est tombée à un peu plus de 5000 unités. «Les roues aluminium de bon niveau ont perdu des parts de marché face aux roues carbone qui se sont démocratisées et qui viennent d’Asie», détaille Alberto Morgando.
En difficulté avant son rachat en 2020 par le groupe Bourrelier, Mavic prend donc une nouvelle orientation afin de sauver la marque. L'entreprise Mavic dont le siège est à Chavanod, près d’Annecy (Haute-Savoie), emploie une centaine de salariés et réalise un chiffre d’affaires de 43 millions d’euros. Elle reste l'une des pépites françaises en matière de dépôts de brevets dans la filière vélo, selon les données de l'INPI.



