Une page centenaire de l’industrie girondine va être tournée : Cerexagri va licencier les 38 salariés de son site de Bassens (Gironde). Le spécialiste des produits phytosanitaires, propriété de l’indien United Phosphorus Limited (UPL), va fermer cette usine d’ici à 2026, estimant dans un document transmis aux salariés qu’elle est «devenue inadaptée aux nouvelles réalités économiques et industrielles».
UPL souhaite privilégier d’autres sites plus récents, dont celui de Noguères (Pyrénées-Atlantiques), racheté récemment et tout proche d’une autre usine du groupe. Aux employés, les dirigeants – qui n’ont pas souhaité répondre aux sollicitations de L’Usine Nouvelle – ont aussi donné comme explication les coûts trop élevés de remise en état d’un entrepôt touché par un incendie au début de l’année.
Un groupe pourtant bénéficiaire
«Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage», regrette un salarié qui a choisi de garder l’anonymat. «C’est l’assurance qui aurait payé. Et puis, le groupe prétexte une baisse de rentabilité, alors qu’il a fait 7 millions d’euros de bénéfices en 2024, et distribué 4 millions de dividendes, ajoute-t-il. Il y a un vrai savoir-faire, il manque simplement des outils un peu plus modernes. Cela fait longtemps que l’on réclame des investissements ici, mais rien n’est fait. C’est l’écœurement qui règne parmi les salariés.»
Ceux-ci ont alterné grèves et blocages ponctuels du site sans parvenir à se faire entendre. D’ici au 15 septembre 2025, 35 des 38 salariés seront licenciés. Les autres devraient l’être début 2026, si la direction ne change pas d’avis d’ici là. En 2021, un mouvement social avait permis aux employés du site d’obtenir une amélioration de leurs conditions de travail et des revalorisations salariales.



