Après l'arrêt d'un contrat pour Stellantis, le groupe polonais Boryszew va fermer son usine française, l'équipementier automobile Maflow à Chartres (Eure-et-Loir), qui emploie 91 salariés. La direction estime que la charge de travail n'est pas suffisante et prévoit de fermer son usine à l'été 2022. Les productions, des tubes et tuyaux pour les systèmes de climatisation, seraient transférées vers d'autres unités du groupe en Europe centrale.
« On sait depuis octobre dernier que notre principal client, Stellantis, a rompu un contrat qui devait nous emmener jusqu'en 2026. Les contrats pour Renault ne suffisent pas à apporter du travail à tous les salariés », explique Eric Jarry, délégué syndical Force ouvrière et secrétaire du CSE de cette entreprise qui a compté plus de 1 000 salariés au tournant des années 2000.
Vases communicants
Les négociations sur le plan social ont débuté le 21 avril. A l'ouverture des négociations la direction proposait 15 000 euros de prime de licenciement, ce que les salariés n'acceptaient pas. « La moyenne d'âge de l'entreprise est de 51 ans, et certains ont plus de vingt ans de maison, ce n'est pas acceptable », explique Eric Jarry. Actuellement l'usine ne tourne qu'avec un contrat pour Renault, mais le constructeur au losange souhaite aussi abaisser les prix et donc délocaliser ses fournitures en Hongrie et au Maroc.
Au début des années 2000, plus d'un millier de salariés travaillait dans l'usine chartraine, ex-Manoli. « Nous avons lancé l'usine polonaise, installé les machines et formé nos collègues polonais. Aujourd'hui, nous appartenons à un groupe polonais de 2000 personnes, qui décide de fermer sa seule usine française. Quel gâchis! », remarque Eric Jarry, qui a alerté le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur cet effet de vases communicants, sans obtenir d’avancées.



