Face aux conséquences de plus en plus inquiétantes du dérèglement climatique, faut-il voir dans ce constat un signe que la transition énergétique est bel et bien engagée? Publiées mardi 31 janvier, les dernières données du think tank britannique Ember témoignent en effet d'un accroissement de la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité européenne. En 2022, l'éolien et le solaire ont fourni plus de 22% des quelque 2 800 TWh consommés au sein de l'UE, dépassant ainsi pour la première fois la part du gaz (20%). Une bonne nouvelle essentiellement due au dynamisme de la filière solaire, dont la production électrique affiche une augmentation annuelle de 24%.
Ember Evolution du mix électrique européen : hydroélectricité et nucléaire, éolien et solaire, gaz, charbon et autres (bioénergies, autres énergies fossiles et autres énergies renouvelables)
Hydroélectricité et nucléaire à la traîne
Le contexte était particulièrement favorable à cet essor salutaire, pour au moins trois raisons principales. Tout d'abord, les bouleversements engendrés par la guerre en Ukraine ont contraint les Vingt-Sept à chercher des solutions pour se passer du gaz russe. Ensuite, la sécheresse historique qui s'est abattue sur l'Europe à l'été a fait chuter la production hydroélectrique de 19% par rapport à 2021. Enfin, les problèmes de corrosion et les multiples maintenances ayant affecté la disponibilité du parc nucléaire français ont eu de lourdes conséquences sur l'ensemble de ses voisins (production en baisse de 16% sur un an).
Les énergies renouvelables ne sont cependant pas les seules à avoir bénéficié de cette course aux alternatives : de nombreux pays se sont à nouveau tournés vers le charbon. La France, par exemple, a fait le choix de redémarrer à l'automne la centrale de Saint-Avold (Moselle), alors que celle-ci était censée avoir définitivement fermé ses portes fin mars 2022. A l'échelle européenne, la production d'électricité à base de charbon a ainsi progressé de 6,7% sur un an, jusqu'à atteindre 16% du mix électrique. Une augmentation qui a d'ailleurs entraîné une hausse des émissions de CO2 du secteur de 3,9% par rapport à 2021.

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Une consommation plus sobre
Heureusement, le recours à cette source d'énergie fossile a nettement diminué au cours des quatre derniers mois de l'année. «Cette chute est due à un recul massif de la demande d'électricité», affirme le think tank. La demande a en effet baissé de 7,9% sur le dernier trimestre de 2022, et même de 3% sur l'ensemble de l'année. Ce repli s'explique à la fois par la flambée des prix de l'énergie, qui a incité les ménages et les industriels à la sobriété, mais aussi par la douceur du climat automnal sur l'ensemble du continent. «L'Europe a évité le pire de la crise énergétique», résume Dave Jones, l'un des analystes d'Ember.
Le groupe de réflexion estime que cette quête de la sobriété devrait se poursuivre en 2023, tout comme l'élimination progressive du charbon et la croissance des énergies renouvelables. Une récente étude publiée par BloombergNEF semble confirmer cette conclusion. Selon le calcul des analystes, les investissements dans la transition énergétique ont atteint 1 100 milliards de dollars à l'échelle mondiale en 2022 (+31% sur un an) et seraient ainsi sur le point de dépasser les investissements dans les énergies fossiles. Le constat fait par le think tank Ember pourrait donc ne pas être réservé à l'année 2022.
Ember Selon Ember, les installations énergétiques fossiles (gaz et charbon) devraient produire 211 TWh en moins en 2023 par rapport à 2022.



