Quatorze stations. C’est peut-être un détail à côté du nombre de pompes à essence ou de bornes de recharge électrique. Mais pour la filière hydrogène, ça veut dire beaucoup. Jeudi 18 juin, les entreprises françaises McPhy, Atawey et TSM ont remporté un contrat cadre pour fournir 14 stations à hydrogène à la région Auvergne-Rhône-Alpes. L’accord s’inscrit dans un projet plus vaste évalué à 52 millions d’euros.
Un objectif de 20 stations et 1 200 véhicules déployés
Réunies dans le groupement MAT, les trois sociétés ont été sélectionnées par Hympulsion, une joint-venture public-privé détenue par Engie, Michelin, la Banque des territoires, le Crédit Agricole et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Formée en 2018, cette co-entreprise vise le déploiement de 20 stations de distribution d’hydrogène et de 1 200 véhicules professionnels roulant à l’hydrogène dans les grandes agglomérations de la région : Annecy (Haute-Savoie), Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Lyon (Rhône), Grenoble (Isère), Saint-Étienne (Loire)…
Baptisé Zero Emission Valley (ZEV), le projet doit aboutir en 2023. L’investissement pour les 20 stations est estimé à 52 millions d’euros sur dix ans. Une station test avait déjà été installée à Clermont-Ferrand en 2019. En février, la première station du réseau a été inaugurée à Chambéry (Savoie).

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Un temps de recharge de trois à cinq minutes
Ensemble, McPhy (mandataire du groupement), Atawey et TSM assureront la conception, la fabrication et l’intégration de 14 stations à hydrogène pour recharger des véhicules entre trois à cinq minutes. Basé à La Motte-Fanjas (Drôme) et créé en 2008, McPhy se spécialise dans les équipements de production et de distribution d’hydrogène. De leur côté, Atawey (Le Bourget-du-Lac, Savoie) et TSM (Champ-sur-Drac, Isère) se spécialisent notamment dans les stations de recharge d’hydrogène.
Plusieurs stations doivent intégrer un électrolyseur de McPhy pour assurer la production d’hydrogène zéro-carbone sur site. “Carburant alternatif propre, l’hydrogène produit par électrolyse permet de réduire significativement la pollution du secteur des transports et représente un levier indispensable pour un mix énergétique plus vertueux”, explique McPhy.
Une autre entreprise française plus connue va participer au projet. Engie Solutions a annoncé le 16 juin avoir été sélectionné par Hympulsion pour accompagner la conception-réalisation des stations : choix des emplacements après étude des sols, définition des spécificités techniques, préparation des sites, gestion des fluides, génie civil, installation technique jusqu’au système de paiement, obtention des autorisations administratives… “Engie Solutions sera également en charge de l’entretien et de la maintenance des stations dont la mise en place progressive sera achevée d’ici 2023”, explique le groupe français.
Le gouvernement veut multiplier le nombre de stations
Avec 20 stations, le réseau Zero Emission Valley (ZEV) deviendrait le plus important en France en matière de mobilité hydrogène renouvelable. Pour l’instant, cette filière souffre du manque d’infrastructures. Selon une carte de l’Afhypac (Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible), la France ne compterait qu’une trentaine de stations ouvertes pour le transport routier (voitures, véhicules utilitaires, bus, camions, etc.).
La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour la période 2019-2028 prévoit tout de même une multiplication des stations. L’État vise 100 stations publiques d’ici à 2023 et 400 à 1 000 stations à l’horizon 2028. Pour 2023, le gouvernement espère également atteindre 5 000 véhicules utilitaires léger et 200 véhicules lourds (bus, camions, bateaux et trains) circulant grâce à l’hydrogène.
La région Auvergne-Rhône-Alpes veut devenir pionnière dans ce développement. Selon elle, 80 % des acteurs de l’hydrogène en France sur concentrés sur les territoires auvergnats et rhônalpins. “L’envergure du projet contribue fortement à l’industrialisation de la filière hydrogène et à la réduction de ses coûts, et ainsi au renforcement de la compétitivité des énergies propres par rapport aux énergies fossiles”, fait valoir Laurent Carme, directeur général de McPhy.



