L’électrification du monde n’est plus un choix. Pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2 °C en 2100, comme le fixe l’accord de Paris, il faut réduire drastiquement la part des énergies fossiles dans nos consommations d’énergie en les remplaçant au maximum par de l’électricité bas carbone.
Selon une étude de septembre 2020 du cabinet Roland Berger, l’électricité devra représenter 31 % de la consommation d’énergie en 2040, en augmentation de 1,7 % par an. Tirée par l’urbanisation et les usages (bâtiment, transport et numérique), la demande mondiale d’électricité serait multipliée par 1,5 en vingt ans. Quelque 23 000 milliards de dollars devront être investis dans la production d’électricité, dont 80 % dans les renouvelables, les réseaux électriques et le stockage. La moitié des investissements seront concentrés dans la région Asie-Pacifique, 20 % en Europe, 14 % en Amérique du Nord, 12 % en Afrique et au Moyen-Orient et 4 % en Amérique latine.
Mais électrifier les transports et la métallurgie, ne fera pas tout. Les auteurs du rapport rappellent que l’électricité contribue directement ou indirectement à 12 des 17 objectifs de développement durable des Nations unies. Elle est notamment essentielle au développement humain, permettant un meilleur accès à l’éducation et le développement de meilleur système de santé. Le plus grand enjeu de l’électrification est donc d’abord que 100 % de la population mondiale ait accès à l’électricité en 2030, soit 1,8 milliard de personnes de plus qu’en 2018. Mais attention à ne pas le faire avec des centrales au charbon construites par des Chinois, mais bien à partir de renouvelables décentralisés, certes plus chers, mais plus durables.



