Pour rester sous les 2 °C de réchauffement climatique entre 1950 et 2100, comme le fixent les Accord de Paris, il faut réduire la part des énergies fossiles. Une des solutions est d’augmenter la part de l’électricité dans la consommation. C’est l’électrification. Selon une étude de septembre 2020, l’électricité représentera 31 % de la consommation d'énergie en 2040. Tirée principalement par les pays émergents, la demande mondiale d'électricité va être multipliée par 1,5 d'ici 2040. Et 23 000 milliards de dollars seront investis dans la production et les réseaux électriques.
31 % d’énergie électrique en 2040
Soutenue par la démographie et l'urbanisation, l’électrification sera aussi la conséquence d’une croissance continue des usages du numérique, et des effets d’une substitution aux énergies fossiles. Tous les secteurs seront concernés. La part de l’électricité dans les transports devrait passer de 1 % en 2000 à 13 % en 2040, celle de l’industrie de 19 % à 28 % et celle du bâtiment de 24 % à 53 %. Cette croissance s'accompagnera d’efficacité énergétique et de changements technologiques.
Roland Berger -AIE Du développement humain

- 1.2165+5.8
27 Mars 2026
Gazole France HTT€/litre
- 2.1888+3.79
27 Mars 2026
Gazole France TTC€/litre
- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
Mais le plus grand enjeu de l’électrification n’est peut-être pas dans la substitution ou la sobriété énergétique. Pour respecter la trajectoire de 2 °C fixée dans l’Accord de Paris en 2016, 100 % de la population mondiale devra avoir accès à l'électricité en 2030, soit 1,7 milliard de personnes de plus qu'en 2018, écrivent les analystes de Roland Berger. L’électricité est essentielle au développement humain, permettant notamment un meilleur accès à l’éducation et le développement de meilleurs systèmes de santé.
Roland Berger - AIE Les auteurs vont même plus loin est expliquant que "l'électrification sera d'autant plus indispensable, si une décroissance économique s'avère nécessaire". Facteur de développement humain, l’électricité accompagne aussi deux conditions nécessaires dans un scénario de décroissance volontariste, l’efficacité et la sobriété énergétique, explique l’étude.
Des passerelles entre énergies
L’électrification pourra aussi favoriser l'interopérabilité de tous les vecteurs énergétiques et permettre de valoriser davantage les productions excédentaires ou fatales (électricité renouvelable, chaleur, etc.). C’est ce que l’on appelle le couplage sectoriel, dont l’hydrogène vert sera une des clés. En Espagne, le projet Green Spider vise à interconnecter électricité, hydrogène et gaz naturel à large échelle du pays.
Roland Berger - Enegas Pour combiner les différents flux d'énergie, jusqu'alors disjoints, sur des sites complexes, et valoriser les énergies fatales ou excédentaires, le stockage de l'énergie sous la forme d'électricité (batterie), de chaleur ou d'hydrogène (synthétisé à partir d'électricité), devra être développé. Ces développements seront liés aux progrès technologiques du digital pour le pilotage en temps réel et le développement de nouveaux modèles économiques.
De nouveaux modèles économiques
Suivant la tendance déjà opérée dans de nombreux secteurs, avec la décentralisation des productions, l'énergie bascule progressivement vers un modèle "as a service" en repositionnant les acteurs sur la chaîne de valeur : agrégation d’offres et de flexibilité (effacement), vente directe en producteur et consommateur, paiements au service rendu et non plus pour l'infrastructure… De nouveaux intermédiaires digitaux, souvent des start-up, viennent bousculer les acteurs historiques.



