Austria Mikro Systeme (AMS) poursuit sa fougue contre vents et marées. Après une croissance de 34,1 % en 2018, le fabricant autrichien de capteurs à semi-conducteurs, qui compte près de 9 000 salariés dans le monde, clôture 2019 avec un chiffre d’affaires en bond de 32 % à un peu plus de 2 milliards de dollars. Certes, il reste en dessous de l’objectif de 2,4 milliards de dollars fixé il y a deux ans. Mais ce résultat marque un doublement en deux ans et intervient après un doublement en 2017.
Il fait d’AMS le quatrième fournisseur européen de puces électroniques derrière le franco-italien STMicroelectronics, le néerlandais NXP et l’allemand Infineon Technologies, mais devant Bosch, Osram ou Dialog.
Gain de quatre nouveaux marchés de détection 3D
Dans le contexte de morosité du secteur, ce résultat relève de l’exploit. Selon le cabinet WSTS, le marché des puces électroniques (hors mémoires où aucun acteur européen n’est présent) a dévissé de 4% en 2019. Et ce coup de pompe se ressent dans le chiffre d’affaires de STMicroelectronics (-1,1 %), NXP (-6 %) ou Infineon Technologies (+2,3%).

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AMS doit sa performance au boom de ses solutions de détection 3D dans les mobiles. Il bénéficie aussi à plein de ventes meilleures que prévues de la nouvelle génération d’iPhone 11 qu’il équipe notamment de son capteur de luminosité ambiante et de son projecteur à points. Il récolte également les fruits des marchés de détection 3D remportés dans des smartphones sous Android, comme chez Xiaomi, Vivo ou LG. Et le succès de ses solutions de détection 3D s’étend avec le gain de deux nouveaux marchés dans l’automobile, d'un dans les smartphones et d'un autre dans l’industriel.
Rachat d'Osram à tout prix
Mais le champion autrichien des puces reste trop dépendant du client Apple, qui lui rapporte plus de 40% de son chiffre d’affaires selon Stéphane Houri, analyste financier chez Oddo-BHF. Cette dépendance peut s’avérer compliquée à gérer lors des baisses des ventes d’iPhone, comme cela été le cas en 2018. AMS peine également à se diversifier dans l’automobile, l’industriel ou encore le médical. Il paie ses beaux résultats de 2019 par une dépendance accrue envers le grand public. Ce marché, dominé par les mobiles, représente 82% de son revenu en 2019, contre 76% en 2018.
C’est pour sortir de cette double dépendance qu’il fait tout pour racheter Osram, une ancienne filiale de Siemens spécialisée dans l’éclairage automobile, les LED et autres composants photoniques. Et peu importe si cette opération, à finaliser au deuxième trimestre 2020, risque de le mettre en situation de surendettement.



