Le spécialiste autrichien des capteurs à semi-conducteurs AMS convoque le 24 janvier une assemblée extraordinaire des actionnaires. A l’ordre du jour, une augmentation du capital de 1,65 milliard d’euros destinée à financer en partie le rachat d’Osram, une ancienne filiale de Siemens spécialisée dans l’éclairage automobile, les LED et autres composants photoniques. Pas sûr que le projet enthousiasme les actionnaires qui verraient leurs participations diluées d’environ un tiers dans une société dangereusement surendettée, prévient Christoph Liu, analyste financier sur le blog boursier Seeking Alpha.
Une dette nette de plus de 2,5 milliards d'euros en perspective
Au terme de sa deuxième OPA, lancée le 7 novembre 2019, AMS estime avoir réussi son pari en obtenant un taux d’acceptation de 59,9%, supérieur au taux minimum de 55% fixé. Mais ce résultat est loin de constituer une victoire. Selon Christoph Liu, il jette AMS dans un piège inextricable, avec un grand danger : l’explosion de l’endettement.
"AMS affiche une dette nette de 1,95 milliard de dollars au 30 septembre 2019, rappelle-t-il. L'acquisition de près de 60% d'Osram au prix de 41 euros l'action, financée entièrement par l'endettement, ajoute 2,4 milliards d'euros. La dette nette devrait donc passer à plus de 4 milliards d'euros. Après l’augmentation de capital et la vente de l’activité des microphones Mems à Knwoles, elle baissera mais restera probablement supérieure à 2,5 milliards d'euros. Pour la réduire, il faudrait une autre augmentation de capital, ce que les actionnaires, déjà confrontés à une dilution importante, auraient du mal à avaler."

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Pour accéder à la trésorerie d'Osram, AMS n’aurait d’autre choix que monter à plus 75% de son capital. Une option qui ouvre dans le même temps la voie à une fusion entre les deux sociétés, seul moyen de réaliser les synergies annoncées de plus de 300 millions d’euros par an. Seulement voilà : AMS doit convaincre des actionnaires détenant au moins 15% du capital d’Osram, qui ont refusé son offre, de lui vendre leurs actions. Le seul moyen de les inciter à le faire est de leur faire une offre plus généreuse que celle à 41 euros l’action de l’OPA. Une perspective déjà anticipée par le marché financier puisque l’action d’Osram se négocie maintenant autour de 45 euros.
Des fonds spéculatifs en embuscade
" Parmi les investisseurs ayant refusé la dernière offre figurent des fonds spéculatifs qui parient sur une montée des enchères, suppose Christoph Liu. Ils ont compris le dilemme d'AMS et cherchent à en tirer le plus grand bénéfice." AMS devra donc leur offrir bien plus que 45 euros l’action pour les convaincre de lui céder leurs parts, ce qui ne ferait qu’alourdir encore plus l’endettement.
L’analyste, qui considère le prix de 41 euros l'action déjà exorbitant pour une société aux performances financières médiocres, attire l’attention sur le risque boursier. "Si AMS n'est pas en mesure ou ne veut pas trouver le financement nécessaire à l’augmentation de sa participation à plus de 75%, les actions en Bourse des deux sociétés plongeront, avertit-il. Comme Osram se négocie déjà nettement au-dessus de sa juste valeur, le cours de son action subira sûrement un coup dur. Et AMS pourrait même être contraint de céder ses actions d’Osram." Une situation catastrophique qui n’est dans l’intérêt de personne.



