L’Autorité de sûreté nucléaire autorise l’entreposage d'uranium enrichi à Flamanville

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) autorise EDF à réceptionner l’uranium enrichi sur le site de l’EPR à Flamanville (Manche). Le combustible devrait être chargé fin 2022 dans le réacteur.

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EPR de Flamanville
La "piscine" où sera entreposé le combustible avant son transfert vers le réacteur de l'EPR de Flamanville (Manche).

C’est une étape de plus vers la mise en service du réacteur EPR d’EDF à Flamanville (Manche), reportée depuis plusieurs années.

Dans une note d'information du 12 octobre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a indiqué qu’elle autorisait la "réception et l’entreposage de combustible nucléaire", de l’uranium enrichi, sur le site du réacteur de l’EPR qui affichera une puissance de 1 600 MW. "Nous avons préparé les salariés à la réception de ces colis particulièrement imposants", indique un porte-parole d’EDF joint par l’Usine Nouvelle.

Ce sont en tout 241 barres de quatre mètres de long qu’il faudra acheminer jusqu’à la "piscine" située dans le bâtiment combustible. C’est une "manutention classique" indique EDF expliquant que ces assemblages de combustible neuf sont peu radioactifs, la radioactivité naissant de la réaction en chaîne qui se produira plus tard au sein du réacteur. Par ailleurs, précise EDF, le rayonnement émis ne traverse pas l’épaisseur des tubes en alliage de zirconium - où sont empilées les pastilles d’uranium 235 enrichi - le zirconium faisant barrière aux rayons gamma.

Avant de donner son feu vert, l’ASN avait réalisé une inspection sur le site les 18 et 19 août 2020 pour évaluer la préparation d’EDF pour les opérations de réception, de manutention et d’entreposage du combustible neuf. L’inspection a conclu que "l’état de l’installation et le niveau de préparation de l’exploitant" étaient "satisfaisants pour l’arrivée du combustible" précise la note de l’ASN. Pour l’autorité indépendante qui assure, au nom de l’État, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, il s’agissait notamment de "prévenir le scénario accidentel de risques de dispersion de substances radioactives en cas de chute d’un assemblage lors de sa manutention".

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Etape suivante, le feu vert du haut fonctionnaire de défense et de sécurité

Mais une autre étape devra être franchie pour que le combustible prenne concrètement le chemin de la piscine de stockage du bâtiment combustible de l’EPR. C’est le haut fonctionnaire de défense et de sécurité (HFDS) du ministère de la Santé qui autorisera EDF à recevoir et entreposer son combustible neuf. Produits par l’usine Framatome de Romans-sur-Isère (Drôme), les assemblages d’uranium seront transportés par camion en convoi exceptionnel jusqu’à Flamanville par Orano TN.

L’étape industrielle suivante, qui devrait intervenir fin 2022, sera le chargement du combustible dans le cœur du réacteur. La mise en service de ce réacteur nucléaire de troisième génération qui a accumulé retards et surcoûts considérables, est programmée pour 2023.

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