Après des mois d’âpres débats, la coalition gouvernementale allemande a dévoilé un plan d’aides pour réduire massivement les prix de l’électricité de ses entreprises. Celles-ci sont, en effet, confrontées depuis le début de la guerre en Ukraine à une perte de leur compétitivité, en raison de la hausse des coûts de l’énergie. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit ainsi que l’Allemagne sera cette année le seul pays du G7 à connaître une récession, estimée à - 0,4%.
D'une durée de cinq ans, le plan devrait représenter un soutien financier allant jusqu'à 12 milliards d'euros pour la seule année 2024 et de près de 30 milliards d’euros jusqu’en 2028. Pour son financement, un compromis a dû être trouvé, car le mécanisme opposait le ministre de l’Economie Robert Habeck (Verts) et le ministre des Finances Christian Lindner (Libéraux).
Le premier souhaitait plafonner le prix de l'électricité à 6 centimes d'euros le kilowattheure (kWh) d'ici à 2030 pour les producteurs de l’acier, de la chimie et du papier, gros consommateur d'énergie. Cela leur aurait apporté une plus grande prévisibilité, mais supposait de recourir à des subventions d’Etat directes. De son côté, Christian Lindner demandait un mécanisme plus général, englobant non seulement les électro-intensifs, mais aussi les petites et moyennes entreprises.
Coups de pouce fiscaux
Finalement, c’est donc le second qui l’a emporté, car les réductions de prix passeront principalement par des mesures fiscales : la taxe sur l'électricité sera abaissée pour toutes les sociétés, en la ramenant de 1,537 centime par kWh à 0,05 centime par kWh (le plancher minimum autorisé par la Commission européenne). Le coût est estimé à 6 milliards d’euros par an. «Nous sommes satisfaits que toutes les PME et les agriculteurs bénéficient de ce soutien et non pas les quelques 9 000 entreprises électro-intensives du pays, ce qui aurait provoqué une distorsion de concurrence et risquait d’affecter les marchés à terme de l'électricité», a salué Reinhard Houben, porte-parole chargé de l’économie chez les Libéraux (FDP). De plus, ce mécanisme veut davantage inciter les entreprises à mettre en place des stratégiques de baisse de leurs consommations et de développement dans les énergies renouvelables.

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Deuxième pilier du plan : pour les quelque 350 entreprises de la chimie et de la métallurgie, très énergivores et exposées à la concurrence internationale, le système de compensation de 70% de leurs consommations déjà en vigueur sera prolongé pour une durée de cinq ans et sera étendu en supprimant la franchise. Cet avantage, estimé à 3 milliards d’euros par an, sera financé via le Fonds pour le climat et la transformation (KTF) voté en juillet 2022 et doté de 177,5 milliards d’euros. Une solution qui permettra de ne pas toucher à l’endettement, un point primordial pour les Libéraux.
Enfin, les 90 groupes les plus consommateurs en énergie bénéficieront en outre pendant cinq années supplémentaires d’un troisième outil leur permettant d’être déchargés des sommes liées aux coûts indirects du CO2 dus au système d'échange de quotas d'émission. La mesure coûtera 1,1 milliard d'euros par an, également payés via le KTF. «Avec tous ces mécanismes, le prix de l’électricité devrait passer pour ces entreprises à moins de 6centimes le kWh en 2025», a promis le ministère de l’Économie. A l’heure actuelle, le prix moyen payé par les sociétés se situe à 20,71 centimes du kWh (15,89 ct pour celles consommant plus de 150 GWh/an). Des prix bien au-dessus de ceux constatés avant la guerre en Ukraine, qui se situaient autour de 10 centimes du kWh.



