L’Unicef dénombre 221 sites dans le monde engagés dans la production de vaccins anti-Covid-19. Moins d’une dizaine est implantée en Afrique, déjà dépendante à 99% des importations pour l’ensemble des vaccins existants, toutes cibles vaccinales confondues. Cela devrait changer. Une initiative internationale menée par l’OMS depuis 2021 ambitionne d’implanter des productions de vaccins ARNm sur le continent dès 2024.
L’objectif ne se limite pas au Covid-19, mais s’étend à de potentiels vaccins ARNm contre des maladies infectieuses comme le paludisme, la tuberculose et le VIH. Mi-février, l’Égypte, le Kenya, le Nigeria, le Sénégal, l’Afrique du Sud et la Tunisie ont été retenus pour des transferts de technologies. La partie opérationnelle de l’initiative est coordonnée par un consortium pharmaceutique sud-africain, qui doit entamer des formations dans les pays sélectionnés à partir de mars 2022. Le calendrier prévisionnel table sur de premiers essais cliniques dès 2023, avant de premières approbations et productions à partir de 2024.
Des productions au-delà du Covid
En parallèle, le laboratoire allemand BioNTech a dévoilé un système composé de deux modules pour la production de vaccins ARNm, qui serait déployé dès le second semestre 2022, avec des premières implantations au Sénégal et au Rwanda. Le laboratoire américain Moderna, de son côté, vise toujours la construction d’une usine de vaccins ARNm en Afrique, projet pour lequel il investirait plus de 400 millions d’euros.
Dans ces deux projets, les productions ne seraient pas limitées à la lutte anti-Covid, mais permettraient de fabriquer des vaccins contre d’autres maladies. En attendant, la seule production de vaccin ARNm sur le continent est en cours de démarrage en Afrique du Sud, chez le sous-traitant pharmaceutique Biovac pour des opérations de formulation, de remplissage et de conditionnement du Comirnaty de Pfizer-BioNTech, pour lutter contre la pandémie actuelle de Covid-19.

Vous lisez un article du magazine 3705 d'avril 2022



