La chasse aux fuites de méthane est ouverte. Nouvelle priorité des pétroliers, le « zéro émission de méthane » sera même traité « aussi sérieusement que la sécurité », s’engagent les grands industriels comme Aramco, Chevron, BP, Shell et TotalEnergies, réunis au sein de l’Oil and gas climate initiative (OGCI).
La protection du climat le méthane est un très puissant gaz à effet de serre n’est pas la seule raison. La motivation est également économique. Supprimer les fuites de gaz naturel permettrait des économies jusqu’à 6 milliards de dollars au Turkménistan et 4 milliards de dollars en Russie, selon une étude parue dans Science en février 2022.
Détection à partir de 5 tonnes par heure
Une analyse unique, menée grâce aux données fournies par une start-up française, Kayrros. Créée en 2016, elle utilise les technologies de machine learning pour exploiter les milliers d’images produites quotidiennement par des satellites d’observation environnementale, notamment Sentinel-5P, issu du programme Copernicus de l’Agence spatiale européenne. En orbite à 824 km de la Terre, il dispose d’un capteur infrarouge qui détecte les émissions de gaz et d’aérosols.
Les outils de Kayrros permettent d’identifier les fuites significatives, à partir de 5 tonnes par heure, et les installations qui en sont responsables avec la précision d’un relevé réalisé sur place. Ils détectent chaque mois jusqu’à 150 fuites de 25 tonnes par heure, certaines s’étendant sur des centaines de kilomètres. Quelque 1 800 zones ultra-émettrices ont été repérées, dont 1 200 au-dessus d’installations pétrolières et gazières dans six des principaux pays producteurs : la Russie, le Turkménistan, les États-Unis, l’Iran, le Kazakhstan et l’Algérie.



