Isover, filiale du groupe Saint-Gobain, va investir près de 10 millions d’euros dans son projet SBM Recycling, dans l’enceinte de son usine de Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire) qui fabrique de la laine de verre en rouleau, panneau et à souffler. Le projet vise à construire un four de nouvelle génération, un pilote devant valider la technologie de fusion par brûleurs immergés pour le recyclage des rebuts de laine de verre à taille industrielle. Cet investissement se rattache au projet I-Loop, visant à développer une technologie de recyclage de la laine de verre, démarche initiée en 2018 par le groupe avec le programme Isover Recycling. Car le BTP génère chaque année près de 90 000 tonnes de rebuts de laine de verre en France, volume qui pourrait approcher les 150 000 tonnes à la fin de la décennie.
Technologie pilote
Ce prototype transformera donc des rebuts de laine de verre en calcin (verre brisé), qui sera ensuite réintroduit en totalité au niveau des fours de fusion électrique en tant que matière première. La technologie aura vocation à être dupliquée par la suite sur d’autres sites européens du groupe, en Allemagne et en Suède. Pour ces trois fours, Isover a obtenu de l’Union européenne 4,1 millions d’euros sur une assiette subventionnable de 12,1 millions d’euros. Mais à Chemillé, le projet représente un investissement total de 10 millions d’euros en incluant les bâtiments, installations techniques et raccordements. Il s’agit de construire un bâtiment de 750 mètres carrés, haut de 14,4 mètres, le procédé étant très vertical. "Nous disposions déjà d’un four sur le site d’Orange (Vaucluse), le principe de faire entrer la laine de verre en fusion est le même mais ce nouveau four sera différent, permettant un calcin de meilleure qualité, une consommation énergétique et des émissions de CO2 bien moindres", explique Lucie Charbonnier, directrice RSE et développement durable d’Isover.
Première coulée de verre en 2023
Isover L'usine de Chemillé-en-Anjou d'Isover. Crédit photo : Isover.
La première coulée de verre est envisagée pour le début 2023 avec, dans un premier temps, des chutes de laine de verre de l’usine. Six mois plus tard, le four commencera par traiter la laine de verre issue de la collecte sur les chantiers. L'équipement, qui disposera d’une capacité nominale de 8000 tonnes par an, pourra ensuite, en fonction du marché, voir ses capacités portées à 13000 voire 20000 tonnes lors du renouvellement du four et de ses réfractaires, pouvant intervenir dès 2025 ou 2026. Les rebuts externes proviendront prioritairement de sources situées à moins de 400 kilomètres de l’usine de Chemillé. Cette unité, mise en service en mai 2009, avait représenté un investissement initial de 115 millions d’euros. Depuis, des investissements successifs ont accru et diversifié la production de ce site qui s’étend sur 30 hectares.



