Investissement, accord de R&D… Pierre Fabre continue de miser sur les traitements contre le cancer

Après avoir signé une première acquisition dans le domaine, le laboratoire français poursuit sa stratégie d’investissements dans les traitements contre le cancer en réalisant deux nouvelles opérations. 

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Laboratoires Pierre Fabre
En septembre, Pierre Fabre a multiplié les investissements en oncologie.

Le mois de septembre de Pierre Fabre est décidément placé sous le signe de l'oncologie. Le laboratoire de Castres a conclu deux nouvelles opérations dans le domaine. Pierre Fabre a ainsi annoncé la signature d'un accord de R&D avec la biotech britannique Vernalis. « Un partenariat à long terme visant à identifier des candidats précliniques pour de multiples cibles oncologiques », précise Pierre Fabre dans un communiqué.

Dans le détail, Vernalis travaillera au développement de médicaments en utilisant des méthodes « basées sur les fragments et la structure ». Des méthodes qui intègrent également des modèles moléculaires pour identifier de petites molécules avec une activité modulatrice. L’objectif est d’identifier des molécules de faible poids moléculaire qui vont interagir avec des sites de liaison ciblés. Les fragments fournissent ainsi des points de départs intéressants pour développer de possibles ligands qui peuvent aboutir à des médicaments.

Si les détails de l’accord n’ont pas été précisés, Pierre Fabre financera les travaux de recherche et versera également de possibles paiements d’étapes ainsi que des redevances en cas de réussite des produits allant jusqu’à la commercialisation. Le partenariat avec Vernalis « représente un véritable atout pour développer notre pipeline de découverte de petites molécules médicamenteuses », s’est félicité Francesco Hofmann, directeur de la R&D de la division Medical Care des Laboratoires Pierre Fabre.

Vernalis s'était déjà entendu avec Servier

Il faut dire que Pierre Fabre n’est pas le premier laboratoire à s’intéresser au savoir-faire de la biotech britannique. Vernalis a ainsi noué des collaborations avec Lundbeck, Genentech ou encore avec le laboratoire Servier, qui a, lui aussi, fait de l’oncologie une aire thérapeutique stratégique.

La collaboration entre Vernalis et Servier remonte à 2007 et a abouti à la mise au point de deux molécules inhibitrices de BCL-2, une protéine impliquée dans le développement de certains cancers. Nul doute que Pierre Fabre espère le même succès pour son partenariat tout juste lancé.

Mais le laboratoire ne compte pas que sur Vernalis pour renforcer son pipeline en oncologie et multiplie les approches. Il lorgne pour cela du côté de la Suisse.

Un investissement dans la biotech suisse Tolremo 

La semaine dernière, la biotech suisse Tolremo Therapeutics annonçait avoir levé 39 millions de dollars (37 M€) dans un tour de série A. La biotech est notamment spécialisée dans les molécules qui visent à abaisser les mécanismes de défense des cellules tumorales face aux thérapies ciblées. Elle a ainsi développé un premier candidat-médicament, prêt à entrer en essai clinique de phase I. L’étude apportera de premières indications de tolérance, de pharmacodynamique mais aussi d’efficacité contre les tumeurs solides.

Et parmi les nouveaux investisseurs de ce tour de financement, Tolremo a choisi de mettre en avant la présence de Pierre Fabre. En conséquence, Francesco Hofmann rejoindra le conseil scientifique de la biotech. « Tolremo possède une approche scientifique très distincte pour fournir des combinaisons de traitements qui répondent préventivement au problème de la résistance aux traitements. (…) Ce nouvel investissement est en cohérence avec notre stratégie renouvelée de se concentrer sur un portfolio R&D de thérapies ciblées », a commenté Francesco Hofmann.

Le laboratoire aime décidément bien suivre l'écosystème biotech suisse. Le 12 septembre dernier, Pierre Fabre annonçait signer une première dans son histoire en s’emparant de la toute jeune biotech suisse Vertical Bio et de son anticorps monoclonal encore en phase précoce. Ce produit est positionné contre une forme de cancer du poumon non à petites cellules. De quoi aussi ouvrir des perspectives en oncologie en dehors des petites molécules. Autant d'opérations pour faire progresser, à long terme, un chiffre d’affaires oncologie qui a atteint 467 M€ en 2022. 

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