Au congrès mondial de l’ASCO, des avancées prometteuses contre le cancer du sein

Lors du rendez-vous annuel de l’oncologie, des résultats encourageants ont été présentés, notamment sur les formes métastatiques. Une de ces molécules, contribuant à limiter la résistance aux traitements, a été évaluée à l’Institut Curie.

 

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Dépistage du cancer du sein
Du 30 mai au 3 juin, se tenait à Chicago la 61ème édition du congrès international de l’oncologie, l’ASCO.

Le cancer du sein touche plus de 2 millions de personnes dans le monde et provoque encore 670 000 décès, selon les chiffres de l’OMS en 2022. Bien que le taux de survie soit élevé pour les personnes atteintes de stades précoces, il chute à 30 % après cinq ans pour les formes métastatiques de la maladie. D’où l’attente importante autour de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Du 30 mai au 3 juin, se tenait à Chicago la 61ème édition du congrès international de l’oncologie, l’ASCO. L’occasion pour plusieurs laboratoires de dévoiler leurs avancées dans le traitement des formes avancées du cancer du sein. Pour révolutionner la prise en charge des stades métastatiques, certains laboratoires ont choisi de concentrer leurs efforts de recherche sur la gestion des mutations cancéreuses.

Anticiper les résistances tumorales

C’est le cas d’AstraZeneca, qui présentait à l’ASCO, les résultats de son étude de phase III SERENA-6, démontrant le bénéfice de son hormonothérapie, le camizestrant, chez des patientes atteintes d’un cancer du sein HR+, et présentant une mutation du gène ESR1. Connues pour favoriser le développement de résistances aux traitements, ces modifications génétiques ont tendance à s’accumuler à mesure que la maladie progresse.

Dans l’étude SERENA-6, co-pilotée par François-Clément Bidard, oncologue à l’Institut Curie, des prises de sang ont permis de détecter l’ADN tumoral circulant, afin d’ajuster l’administration du camizestrant, pour prolonger les bénéfices du traitement de première intention. Une stratégie thérapeutique qui semble fonctionner puisqu’associé à un inhibiteur de kinase, le candidat-médicament a permis de réduire le risque de progression de la maladie ou de décès de 56 % par rapport au traitement standard, tout en retardant la détérioration de la qualité de vie des patients de près de 18 mois.

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« En tant que premier essai pivot à démontrer l'intérêt clinique de la surveillance de l'ADN tumoral circulant pour détecter l'émergence d'une résistance et adapter le traitement au plus tôt, l’essai de phase III présenté aujourd’hui redéfinit le paradigme clinique du cancer du sein », a souligné Susan Galbraith, responsable de la R&D en oncologie et en hématologie d’AstraZeneca.

Sur la base de ces résultats, le camizestrant a déjà obtenu la désignation de Breakthrough Therapy de la part de la FDA pour les patientes atteintes d’un cancer du sein avancé ou métastatique, présentant une mutation ESR1.

Une cible sur laquelle Pfizer s’est également concentré. Le géant américain a développé, en collaboration avec Arvinas, le vepdegestrant, un dégradateur de protéines indiqué contre le cancer du sein métastatique, avec mutation ESR1. D’après les résultats de l’étude de phase III qui l’évaluait, le candidat-médicament a permis de ralentir la progression de la maladie de 43 % chez les personnes porteuses de cette modification génétique.

Une nouvelle option thérapeutique de plus, dont l’utilisation restera tout de même limitée aux patientes présentant cette mutation, soit près de 30 % des patientes atteintes de cancer du sein HR-positif, la forme la plus courante de la maladie. Mais il existe également d’autres types de cancer du sein, eux aussi souvent dépourvus de traitements efficaces.

Gilead veut repositionner son Trodelvy en première ligne

Parmi tous les types de la maladie, le cancer du sein métastatique triple négatif est le type de cancer du sein le plus agressif, présentant le risque de récidive le plus élevé dans les cinq premières années suivant le diagnostic. Il concernerait environ 10 à 15 % des patientes, confrontées à un nombre limité d’options thérapeutiques.

Espérant pallier cette lacune, Gilead a évalué l’utilisation de son ADC Troveldy (sacituzumab govitecan), en association avec le Keytruda (pembrolizumab) de MSD, pour traiter le cancer du sein triple négatif. La combinaison des deux ADC a ainsi permis de réduire le risque de progression ou de décès de 35 % par rapport à l’association Keytruda-chimiothérapie.

Déjà approuvé comme traitement de troisième intention de ce type de cancer, le Troveldy pourrait voir prochainement ses indications étendues aux premières lignes thérapeutiques. « Ces données renforcent notre confiance dans l'utilité de Trodelvy, en monothérapie et en association avec l'immunothérapie, dans le traitement de première intention du cancer du sein triple négatif métastatique », a soutenu Dietmar Berger, directeur médical de Gilead. « Nous collaborons activement avec la FDA afin d'explorer une éventuelle évolution réglementaire pour cette association ».

Autant d’avancées qui offrent de nouveaux espoirs aux patientes atteintes d’un cancer du sein à un stade avancé, et promet un traitement plus efficace de ces formes de la pathologie. En France, plus de 60 000 nouveaux cas de cancer du sein sont recensés chaque année.

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