INITS investit 27 millions d’euros pour une unité de bioproduction inédite près de Montpellier

La société de conseil en développement pharmaceutique INITS va déployer une activité industrielle. Elle investit 27 millions d’euros près de Montpellier pour construire une unité de bioproduction, unique en France, où des biotechs pourront y produire elles-mêmes leurs lots pré-cliniques et cliniques de biomédicaments. Le démarrage est envisagé en 2026. 60 emplois sont entrevus.

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Prévue pour démarrer en 2026, la future usine de biomédicaments d'INITS-SMO s'étendra sur 3500 m2 près de Montpellier (Hérault), avec des suites de production de thérapies géniques et cellulaires.

Le projet n’est pas commun. Spécialisée en développement pharmaceutique, la société de conseil montpelliéraine INITS s’apprête à se lancer dans l’industrie. L’entreprise va investir 27 millions d’euros pour construire une usine de bioproduction au Parc Industries Or Méditerranée à Mauguio, près de Montpellier (Hérault). Les travaux devraient commencer au deuxième trimestre 2024, et la mise en service est envisagée au premier semestre 2026. 60 emplois devraient être créés sur place.

Cette usine baptisée INITS-SMO entend ouvrir en France une nouvelle forme de sous-traitance pour les biomédicaments (traitements de biotechnologie). Au lieu de se poser en un sous-traitant de développement et de production (CDMO), l’entreprise sera une organisation de production partagée (SMO pour «shared manufacturing organisation»), un modèle pharmaceutique qu’on trouve parfois au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et aux Etats-Unis.

La vocation d’INITS-SMO est de mettre à disposition de sociétés clientes de biotechnologie des suites de production primaire, donc de fabrication de principes actifs. En parallèle, l’entreprise offrira un accompagnement pour la gestion réglementaire de projet, l’assurance et le contrôle qualité, et offrira d’éventuels services de sous-traitance pour la production secondaire (stérilisation et remplissage) ainsi que pour le conditionnement des biomédicaments.

«Certaines biotechs disposent de technologies particulières ou de procédés innovants et sont souvent dans l’obligation de transférer leur savoir-faire aux sous-traitants pour fabriquer leurs produits», explique Amel Hadri, fondatrice et PDG d’INITS. Le modèle SMO confèrera ainsi aux biotechs une certaine protection de leur savoir-faire. En assurant eux-mêmes la production de leurs principes actifs, les clients pourraient aussi alléger leurs coûts par rapport à la sous-traitance traditionnelle. Amel Hadri assure que «dans le comparatif des coûts, on observe une réduction significative», sans davantage préciser.

Production de thérapies géniques et cellulaires

Ce projet industriel survient à un moment où les capacités en France de bioproduction continuent d’être insuffisantes, et alors que les ambitions gouvernementales sont loin de leur objectif de produire 20 biomédicaments sur le territoire d’ici à 2030. C’est d’ailleurs ce qui motive INITS à se lancer sur le versant industriel, en s’appuyant sur ses 24 collaborateurs qui accompagnent régulièrement des projets industriels et disposent aussi d’expérience en production. Toutefois, INITS-SMO ne sera pas dédiée aux productions commerciales, mais à la fabrication de lots pré-cliniques et de lots cliniques, indispensables au développement de tout médicament.

Le futur bâtiment s’étendra sur 3 500 m². Il comprendra une partie pour la production des principes actifs, avec quatre suites qu’Amel Hadri décrit «comme des mini-usines avec leurs propres équipements de production, bureaux et zones de stockage». Deux de ces quatre suites seront spécialisées dans les thérapies géniques, une autre dans les thérapies cellulaires, et la dernière sera modulaire. Seront également implantées trois suites de R&D, une suite pour la production secondaire et une dernière dédiée au conditionnement. Ce qui permettra au maximum la conduite de 9 projets différents en parallèle.

Pas encore de financement public pour cette usine pharmaceutique

En termes de financement, INITS amorce cette phase industrielle à la suite d’une augmentation de son capital, qui a ainsi intégré quatre investisseurs externes (Itex, Aris, IRDI capital Investissement et Sofilaro). Le projet est soutenu par ailleurs par certains acteurs publics comme la région Occitanie, l’agglomération du Pays de l’Or, le pôle de compétitivité Eurobiomed ou encore la métropole de Montpellier. Mais pour le moment, aucune aide publique n’a encore été apportée aux 27 millions d’euros d’investissement prévus pour cette future usine. «Nous y travaillons», précise encore Amel Hadri.

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