Jochen Hanebeck, directeur général du fabricant allemand de semi-conducteurs Infineon Technologies, peut pousser un soupir de soulagement. Son groupe conserve en 2022 le titre de champion européen des puces devant le franco-italien STMicroelectronics et le néerlandais NXP. C’est ce que révèlent les chiffres provisoires communiqués à L’Usine Nouvelle par le cabinet Gartner.
Infineon Technologies terminerait 2022 avec un chiffre d’affaires dans les semi-conducteurs en croissance de 14 % à 12,7 milliards de dollars, tandis que STMicroelectronics se targuerait d’un bond de 26,2 % à 12,6 milliards de dollars et NXP d’une augmentation de 19,2 % à 10,8 milliards de dollars. Il sauverait donc son titre de champion européen des puces en 2022 de justesse. Son avance sur l’industriel franco-italien était de près de 1,2 milliard de dollars en 2021. Elle se réduirait comme peau de chagrin à environ 100 millions de dollars en 2022.
Ces résultats sont toutefois à prendre avec prudence, car les trois ténors européens de la microélectronique n’ont pas encore publié leurs résultats du quatrième trimestre 2022. Ils laissent néanmoins planer la perspective d'un match ultra serré en 2023.
Deux stratégies opposées de croissance
La course pour le titre de champion européen des puces entre Infineon Technologies et STMicroelectronics met en confrontation deux stratégies radicalement opposées. Le groupe munichois, né en 1999 par essaimage de Siemens, a choisi de faire des grandes fusions-acquisitions un axe stratégique de croissance. C’est d’ailleurs en rachetant l’américain Cypress Semiconductor qu’il a ravi en 2020 à STMicroelectronics le titre de champion européen des puces. A l’inverse, le fabricant franco-italien privilégie la croissance organique avec seulement des acquisitions ciblées destinées à compléter son portefeuille de produits et technologies.

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Les trois leaders européens partagent à peu près la même focalisation sur des produits à technologies plutôt matures comme les microcontrôleurs, les capteurs, les circuits analogiques ou encore les composants électroniques de puissance. Un positionnement qui explique leurs performances en 2022, bien supérieures à celle du marché hors mémoires (dont tous les acteurs européens sont absents), crédité d’une progression de seulement 5,3% par Gartner. «Les entreprises européennes de semi-conducteurs sont des fournisseurs au catalogue de produits plus ou moins étendu, précise à L’Usine Nouvelle Andrew Norwood, analyste chez Gartner. Elles ont largement dépassé la croissance globale du secteur en 2022 en raison de leur concentration sur les marchés de l’automobile et de l’industrie qui ont connu une demande soutenue et une augmentation des prix pour bon nombre des composants qu’ils consomment.»
Poursuite de la pénurie de puces dans l'auto et l'industrie
La pénurie de puces, qui frappait tout le monde depuis la fin de 2020, s’est résorbée sauf pour l’automobile et l’industrie où elle devrait perdurer tout au long de 2023 selon le dernier rapport trimestriel CommodityIQ de Supplyframe. Deux catégories de semi-conducteurs manqueraient encore : les circuits analogiques et les composants électroniques de puissance. De quoi laisser miroiter de belles perspectives en 2023 pour les fournisseurs européens même si l’ensemble du marché des semi-conducteurs est attendu en recul.
Les chiffres de Gartner ne portent que sur les semi-conducteurs. Ils sont inférieurs aux chiffres d’affaires publiés par Infineon Technologies, STMicroelectronics et NXP, car ils incluent des revenus tirés d’autres produits comme les modules électroniques, les cartes d’évaluation ou encore les services de fonderie de puces, c’est-à-dire de fabrication en sous-traitance de circuits conçus par d’autres.



