Plus de 20 ans après sa fondation, le groupe Infineon s'apprête à réaliser le plus gros investissement de son histoire. Le fabricant allemand a en effet annoncé lundi 14 novembre la fondation d'une nouvelle usine de semi-conducteurs à Dresde (Allemagne), un projet estimé à cinq milliards d'euros. Le nouveau site aidera notamment l'entreprise à poursuivre l'expansion de sa capacité de fabrication de tranches de silicium de 300mm de diamètre, précise-t-elle dans un communiqué. L'usine devrait livrer ses premières puces à l'automne 2026, créer jusqu'à 1 000 emplois et, une fois arrivée à pleine capacité, générer un chiffre d'affaires annuel équivalent aux investissements mis en œuvre.
Objectifs financiers réhaussés
Infineon précise néanmoins que sa construction dépendra en grande partie d'un « financement public adéquat ». Un appel du pied aux collectivités, au gouvernement national et à l'Union européenne, qui cherche justement à diminuer sa dépendance aux fabricants de puces asiatiques, dans un contexte de pénurie globale. Début février, la Commission avait dévoilé un plan à 43 milliards d'euros censé permettre à l'Europe de conquérir 20% du marché mondial en 2030, contre 10% aujourd'hui. Cet été, l'allemand Bosch avait entamé la valse des méga-projets en annonçant un agrandissement de ses sites de Reutlingen (sud) et de Dresde, estimé à trois milliards d'euros.
Le groupe Infineon a par ailleurs profité de cette nouvelle pour réviser à la hausse ses objectifs financiers sur le long terme. Il vise désormais une croissance annuelle moyenne de son chiffre d'affaires de plus de 10%, contre 9% auparavant. Sa croissance devrait être tirée par l'électromobilité, la conduite autonome, les énergies renouvelables, les centres de données et l'internet des objets, explique-t-il. La marge de ses principaux segments d'activité devrait quant à elle atteindre 25% en moyenne, contre 19% prévus jusqu'à présent.
Avec Reuters (Alexander Huebner, version française Marc Angrand, édité par Sophie Louet)


