Le chimiste britannique Ineos a beau s’insurger contre le manque de compétitivité de la chimie en Europe et au Royaume-Uni, il continue d’investir localement dans son outil de production. C’est ainsi qu’il a procédé à un investissement majeur de 30 millions de livres sterling sur son site de Hull (35 M€), au Royaume-Uni, pour convertir l'usine à l'hydrogène propre et diminuer sa dépendance au gaz naturel. L'hydrogène utilisé sur le site est un coproduit des procédés de fabrication existants, ce qui permet une utilisation intelligente et efficace des ressources déjà disponibles. Résultat ? Une réduction de 75 % de l’empreinte carbone de ce site, en activité depuis les années 1930, et une nouvelle avancée du groupe en direction d’une neutralité carbone, bien avant 2050.
Inquiétude sur des allocations gratuites d'ETS
Pas plus tard qu’en juin, Ineos s’inquiétait pourtant que l'Agence de l'environnement ne décide de reclasser le site de Hull comme « nouvelle installation », simplement parce qu'il a opté pour un combustible plus propre. Or un tel reclassement pouvait priver le site de ses allocations gratuites d'ETS pour la période 2026 et 2027, comme prévu selon le calendrier, avec comme impact une perte de trésorerie de 23 millions de livres sterling sur les trois prochaines années. Mais en ce mois de juillet, David Brooks, p-dg d'Ineos Acetyls, se veut plus rassurant. « Nous menons des discussions constructives avec l'Agence de l'environnement et espérons une résolution positive qui reconnaîtra les importantes économies de carbone réalisées à Hull sans nous pénaliser pour avoir agi correctement », vient-il de déclarer, qualifiant la décision de l’agence de « test décisif pour la crédibilité du Royaume-Uni en tant que terre d'accueil pour les investissements industriels propres ».
Une modernisation en marche
Le site de Hull, qui emploie plus de 300 personnes, est affilié à Ineos Acetyls, le seul fabricant industriel d'acide acétique, d'anhydride acétique et d'acétate d'éthyle en Europe, avec un effectif de plus de 500 personnes dans le monde. En difficulté, il est menacé par des importations à bas coût en provenance de pays comme la Chine, dont les émissions par tonne d'acide acétique sont huit fois supérieures à celles du Royaume-Uni. Pour l’heure, Ineos poursuit tout de même sa modernisation dans le cadre de plusieurs projets majeurs de décarbonation en cours sur ses sites, notamment ceux de Grangemouth et de Cologne, où il met tout en œuvre pour atteindre, voire dépasser, ses objectifs climatiques.



