Tous les jardiniers amateurs vous le diront. Produire un compost de qualité n’a rien d’évident. Il faut remuer, aérer, amender le tas de déchets biologiques avec des matières ligneuses (feuilles sèches, broyat, papier, cartons déchirés, sciure de bois…), en bonne quantité pour que les bonnes bactéries puissent faire leur œuvre. Autant dire que lorsqu'une restauration collective, ou un industriel, envisage de recycler ses déchets pour produire du compost, entasser les déchets dans un coin ne va pas suffire.
Née en 2011 pour valoriser le marc de café en faisant pousser des pleurotes, la start-up versaillaise Upcycle s’était penchée sur le problème à la demande de L’Oréal, qui voulait réduire les déchets de son restaurant d’entreprise. Elle a déniché une vieille technologie, le composteur électromécanique, et l’a adapté aux besoins industriels en développant une gamme de trois machines, d’une capacité de 70 kg, 160 kg et 330 kg de déchets traités par jour.
Relocalisation de la production
Pour les fabriquer en France, Upcycle s’est associé à la société héraultaise Fabtec Industries, pour créer à Mayran (Aveyron) une usine de production de composteurs électromécaniques. Elle a été inaugurée fin juillet 2021, sur le site d’une entreprise de réparation mécanique. Elle emploie six personnes. « Les premiers composteurs sortiront d’ici à fin octobre », annonce Grégoire Bleu, cofondateur d’Upcycle, qui a depuis cédé son activité pleurotes.
Une bonne nouvelle. Car, pour installer les cinquante premiers composteurs électromécaniques chez ses clients - L’Oréal n'a finalement pas retenu cette proposition et n'en fait finalement ne fait pas partie -, Upcycle devait se fournir à l‘étranger, notamment au Royaume-Uni. C’est d’ailleurs d’Outre-Manche que vient le premier composteur, d’une capacité de 80 kg par jour, installé dans une station-service de TotalEnergies, celle du Mont-Saint-Michel, il y a douze mois.
Un service complet
Un succès qui a décidé le pétrolier, via sa filiale d’exploitation des stations d’autoroute Argedis, d’étendre l’opération à d’autres stations-service. Upcycle va ainsi équiper dix stations d’autoroute et former un référent pour s’occuper du composteur. Même si celui-ci ci est pilotable à distance, il faut l’alimenter en déchets et en broyat de haies, et conditionner le compost, qui pourra être donné ou vendu localement. Même s'il s'agit d'une ressource locale facilement disponible, Upcycle peut aussi fournir le broyat.
Si seules dix stations TotalEnergies seront équipées pour l’instant, c’est parce que les autres n’ont pas de volumes de déchets suffisants. Upcycle cherche actuellement sur le marché un fabricant de composeurs électromécaniques plus petits. À suivre.



