[Idée verte] Fountaine-Pajot engage la décarbonation de la navigation de plaisance

En Charente-Maritime, le chantier naval Fountaine-Pajot entend bien se classer parmi les leaders de la décarbonation dans le secteur de la navigation de plaisance. L’entreprise avance dans ce sens via sa plateforme collaborative OD Sea Lab et son plan d’entreprise.

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Aura-51, navire équipé avec le système Smart-Electric
Fountaine-Pajot souhaite arriver, d'ici à 2030, à la neutralité carbone de ses navires.

En 1976, Jean-François Fountaine, aujourd’hui maire de La Rochelle (Charente-Maritime), s'associe à un autre skipper, Yves Pajot, pour se lancer dans la construction de yachts. Un demi-siècle plus tard, les questions de réchauffement climatique, de préservation de l’environnement, et notamment de l’espace marin, sont devenues incontournables, y compris pour les chantiers navals qui doivent opérer une révolution quant à la manière de concevoir leurs produits. «80% de l’empreinte carbone d’un bateau provient de son utilisation et 20% de sa production», résume Mathieu Fountaine, directeur général adjoint de Fountaine-Pajot.

Face à ce constat, le groupe a lancé en 2021 un nouveau plan d’entreprise: Odysséa 24 dont la seconde marche - la première étant sa création - a été franchie il y a quelques semaines avec le lancement d’un nouveau catamaran, l’Aura 51. Présenté au Cannes Yachting Festival, ce navire se décline en mode propulsion hybride (électrique/thermique) et abrite le système Smart Electric. En plus de produire et de stocker l’électricité nécessaire à la vie à bord et à la propulsion du bateau, cette nouvelle technologie assure une gestion intelligente de l’énergie disponible.

«La prochaine étape sera de supprimer le groupe électrogène thermique qui assure les besoins supplémentaires en énergie et de le remplacer par une pile à combustible afin, in fine, d’accueillir des moteurs à hydrogène. Enfin, l’année 2024 sera tournée vers la décarbonation de notre production avec un volet R&D autour des matériaux biosourcés et recyclés», anticipe Mathieu Fountaine qui annonce: «Notre but à l’horizon 2030 est d’arriver à la neutralité carbone de nos bateaux et qu’ils soient tous 100% électriques».

Une plateforme pour rapprocher les PME françaises

Pour avancer sur ces sujets, le chantier naval a créé OD Sea Lab, une plateforme collaborative qui rassemble clients, fournisseurs et PME françaises. «Ce travail en commun donne naissance à des solutions technologiques qui ne sont pas notre cœur de métier, mais que nous embarquons à bord de nos navires», se félicite le DG qui note : «C’est grâce à cette plateforme que Fountaine-Pajot est la seule entreprise du secteur à disposer d’un système comme le SmartElectric, fabriqué à moins de 400kilomètres de ses sites de production». Pour le dirigeant, le confort de navigation accompagne cette mutation, puisque les nouvelles technologies sont le gage d’un voyage silencieux tout en offrant, à terme, la possibilité de naviguer dans des zones marines préservées.

Fort aujourd’hui de trois sites de production situés dans l’agglomération rochelaise, le groupe produit 750 bateaux chaque année, dont 90% sont exportés. Il emploie environ 1 500 personnes, et recrute actuellement entre 200 et 300 collaborateurs, pour un chiffre d’affaires qui s’établit à un peu moins de 250 millions d’euros.

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