Le pari est audacieux, mais en passe de se concrétiser. La jeune société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) Windcoop, basée à Lorient (Morbihan), fera construire à partir de 2023 un cargo à voiles long de 89 mètres qui pourra prendre à son bord une centaine de conteneurs, soit 1 400 tonnes de fret. L’économie réalisée en énergie fossile atteindra les 90%. 20 millions d’euros vont être nécessaires pour construire ce cargo en acier. Il verra le jour «dans un chantier européen. Les appels d’offres ont été publiés, nous attendons les différentes offres», insiste Louise Chopinet, la directrice générale de Windcoop, qui emploie une petite équipe de trois personnes.
Pour que le grand public puisse participer à cette aventure, une levée de fonds est actuellement en cours sur la plateforme de financement participatif lita.co avec un objectif de 6 millions d’euros à réunir en parts sociales, à partir de 100 euros par personne physique ou entreprise. Pour boucler le financement, il est prévu un crédit-bail maritime.
Un cargo doté de 2 350 m² de voiles
Le cargo de Windcoop effectuera, dès 2025, si le calendrier de construction est respecté, des traversées régulières entre l’île de Madagascar et le port de Marseille (Bouches-du-Rhône). A son bord, des épices, des fruits et légumes, du textile, mais aussi du café ainsi que des huiles essentielles. Parmi ses principaux clients à venir, il y a la société Arcadie. Ce spécialiste des épices, installé dans le département du Var à Méjannes-lès-Alès, a prévu que l’ensemble de ses différents produis bio venus de Madagascar rejoindront la France grâce à ce cargo doté de 2 350 m² de voiles réparties entre ses deux mats.
Arcadie a investi 2 millions d’euros au capital de l’armement Windcoop. Les deux autres créateurs et investisseurs sont l’entreprise lorientaise Zéphyr et Borée qui travaille sur d’autres projets de transport maritime décarboné et Julien Noé qui est le fondateur d’Enercoop (Paris), fournisseur d’énergies d’origine renouvelable. «Nous estimons, dit encore Louise Chopinet, qu’il faudra à notre cargo une trentaine de jours pour effectuer la traversée entre Madagascar et Marseille à une vitesse moyenne de 8 nœuds -15 km/heure.» «Compte-tenu de notre petite taille, continue-t-elle, le prix facturé aux chargeurs sera un peu plus cher que celui pratiqué par les armateurs des très grands porte-conteneurs.»
Le cargo lorientais sera équipé de grues pour le déchargement des conteneurs. A bord, ils seront répartis entre les cales et le pont. A l’équipage formé de trois marins, pourront s’ajouter une douzaine de passagers payants qui effectueront la traversée. A Madagascar, Windcoop va utiliser les moyens des ports secondaires de Nosy Be et Diego Suarez situés au nord de l’île.



