A Saint-Nazaire, c’est la Dolce Vita ! Laurent Castaing avait le sourire, lundi 19 mai à Bercy, en marge de Choose France, pour la signature d’un contrat de 3,5 milliards d’euros avec MSC Croisières, en présence de Marc Ferracci, ministre chargé de l’Industrie et de l’Energie. «Depuis 20 ans, nous avons un paquebot à construire tous les ans pour MSC, ce qui représente 10 millions d’heures de travail, décrit le directeur général des Chantiers de l’Atlantique. Avant de signer un contrat, il y a des engagements oraux et notre partenaire a toujours tenu ses promesses».
En ce jour dédié à Choose France, il ne pouvait pas ne pas revenir sur l’attractivité de notre pays. «La France est un beau pays pour investir et s’installer, s’enthousiasme Laurent Castaing. C’est un grand pays d’ingénieurs et j’en suis un. La compétitivité s’est améliorée. Le crédit export est essentiel et Bpifrance participe à la renaissance de l’industrie».
4000 salariés cette année à Saint-Nazaire
Les deux paquebots devront être livrés en 2029 et 2030. Ces navires géants de 220 000 tonneaux compteront 2600 cabines permettant de loger plus de 5000 personnes. Les premières découpes de tôles débuteront en 2026. Ce qui garantit un carnet de commandes plein pour cinq ans avec un chantier qui tourne à 110% entre les paquebots, le militaire et les énergies renouvelables. «Nous avons des investissements en cours pour l’éolien en mer, qui monte en puissance, et pour permettre de conserver nos capacités sur la construction navale, a expliqué Laurent Castaing à L’Usine Nouvelle. Nous allons atteindre le chiffre de 4000 salariés sur les Chantiers de l’Atlantique cette année, lors que nous n’étions que 2500 il y a dix ans». L’entreprise est obligée de faire appel à beaucoup de sous-traitance, sur le territoire des Chantiers mais aussi en Italie, en Pologne et aux Pays-Bas pour les énergies renouvelables.
Plus de 500 fournisseurs français
Cette nouvelle commande «portera notre investissement direct en France au cours des deux dernières décennies à plus de 18 milliards d’euros, faisant de MSC Croisières l’un des investisseurs privés étrangers les plus importants contribuant au commerce extérieur français», a déclaré Pierfrancesco Vago, président exécutif de la division croisières du groupe MSC. Plus de 500 fournisseurs français seront impliqués directement dans la construction des deux paquebots de la classe World, représentant 70% des commandes de sous-traitance. Et jusqu’à 90% du contenu des navires est produit en Europe.
Les deux entreprises mettent en avant une construction durable alors que le transport maritime est souvent pointé du doigt pour ses émissions de CO2 et de particules fines. «Il s’agira des paquebots avec le plus faible impact environnemental, prévient le patron des Chantiers de Saint-Nazaire. Aucune poubelle n’est jetée à la mer et les eaux usées sont traitées au même niveau que dans les stations d’épuration.» Ils utiliseront le GNL avec des émissions équivalentes aux meilleures normes européennes, y compris dans le transport terrestre, indique-t-on chez les deux partenaires. Tous les paquebots ont des branchements électriques mais pâtissent des équipements encore insuffisants dans les ports.
Et si les Chantiers de l’Atlantique se réjouissent du fait que la concurrence chinoise sur les paquebots arrive plus lentement que prévue il y a quelques années, Laurent Castaing a lancé devant quelques journaliste un cri d’alarme à propos des ferries. «La concurrence chinoise est déjà là et la situation devient critique pour les chantiers européens. Il faut que l’Europe en prenne conscience et protège la construction des ferries européens.»



