IA et nanosatellites, comment la start-up Prométhée veut révolutionner le traitement des données spatiales

La start-up du newspace Prométhée a annoncé une levée de fonds de 4,12 millions d’euros. De quoi permettre à la société d’accélérer le développement de ses technologies d’observation de la terre.

Satellite ProtoMéthée-1
Le nanosatellite ProtoMéthée-1 est en cours d'assemblage chez le satellitier lituanien NanoAvionics

C’est un nouveau coup d’accélérateur pour le newspace français. La startup Prométhée, spécialiste des données d’observation de la terre, a annoncé le 12 avril avoir réussi une seconde levée de fonds d’un montant de 4,12 millions d’euros. Il y a un peu plus d’un an, elle avait réussi à lever 2,2 millions. L’entreprise espère boucler un nouveau tour de table d’un montant de 15 millions d’euros avant la fin de l’année.

Derrière ce succès, porté notamment par le CNES et Bpifrance se trouve une proposition innovante de services géospatiaux, qui repose d'une part sur une plateforme agrégative de données et d'autre part sur la mise en place d’une constellation de nanosatellites à haut taux de revisite. L’objectif selon Olivier Pripesz, fondateur de la société, est de « démocratiser l’acquisition et le traitement des données issues du spatial » et d' offrir ces services à des entreprises ou à des Etats qui ne disposeraient pas de leur propres infrastructures d’observation de la Terre.

Combiner les sources de données

Sur le volet du traitement numérique des données, l’entreprise compte sur les compétences de ses « data scientists » et des algorithmes « maison » d’intelligence d’artificielle. Ce savoir-faire favorise la mise en relation d’informations issues de différentes sources. « Il y a un grand nombre de données spatiales qui sont en accès libre et qui représentent une véritable mine à exploiter, explique Olivier Priepsz. On pense par exemple aux images fournies par le réseau Copernicus. Mais encore faut-il les croiser avec d’autres données pour en tirer une information pertinente. »

Prométhée a, par exemple, développé un outil de suivi du CO2, baptisé Carbon Tracker, qui associe des données de capteurs IoT au sol à des images provenant du satellite Sentinel-2. La start-up a également mis au point un outil de suivi des épidémies – Prométhée Health - en combinant les informations de l’Inserm et les données d’observation de la Terre.

Pour développer ses services, Prométhée s’appuie aussi sur un consortium d’entreprises, le Kollectiv, qui regroupe des spécialistes de l’acquisition et du traitement des données spatiales. Lancé en juillet 2021, cette organisation regroupe 8 entreprises (6 françaises et 2 allemandes) possédant chacune un domaine de compétence particulier que ce soit dans l’IA, la blockchain, le cloud ou encore la cartographie.

Un nombre de revisites 20 fois supérieur

Pour améliorer le processus d’acquisition des données, Prométhée va également envoyer en orbite basse sa propre constellation de nanosatellites. Un premier prototype est en cours d’assemblage chez le satellitier Lituanien NanoAvionics. « Nous tablons sur une mise en orbite de ce premier satellite à l’automne 2023 », pointe Olivier Priepz, qui indique que pour aller vite, l’entreprise a choisi de nombreux composants « sur étagère ».

Ce premier satellite baptisé ProtoMéthée-1 embarquera essentiellement un système d’observation multispectral. Il sera suivi dans les prochaines années d’un second satellite, ProtoMéthée-2, qui embarquera un système hyperspectral, doté d’une résolution de 8 à 10 m. « Si le multispectral nous permet de voir la Terre, l’hyperspectral nous permettra de caractériser avec précision certaines matières ou éléments chimiques », commente Olivier Pripezs. La future constellation sera composée d’un mélange de satellites, les uns dotés de systèmes multispectraux, les autres de dispositifs hyperspectraux. Ces satellites devraient permettre 20 fois plus de passages par jour, selon la start-up.

D’ici 2025, Prométhée ambitionne de rassembler une centaine de collaborateurs en France, sur ses sites de Paris et de Toulouse, mais également sur un troisième site qui devrait prochainement être annoncé.

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