L’écosystème européen du recyclage des batteries continue de se mettre en place. Mardi 2 juillet, la jeune entreprise Hydrovolt – une coentreprise fondée en 2020 par le géant de l’aluminium norvégien Hydro et le constructeur de batteries suédois Northolt – a annoncé investir dans le Nord, à Hordain, pour y mettre en place un site de décharge et de démantèlement de vieilles batteries au lithium en vue de les recycler. Le site, qui s’étendra sur 3000 m² et devrait employer entre 5 et 15 personnes (selon les technologies utilisées), doit ouvrir ses portes mi-2025 sous réserve d’obtenir les permis nécessaires. Le montant de l'investissement n'est pas précisé.
Toute première étape du recyclage
Cette opération permet à Hydrovolt de se positionner au cœur de la vallée de la batterie française, où sont déjà installées nombre d’usines de batteries et de constructeurs automobiles. C'est aussi une première hors de Norvège pour Hydrovolt, qui opère aujourd'hui une usine de recyclage mécanique capable de traiter 12000 tonnes de pack batteries dans la ville de Fredrikstad, au sud du pays.
«C’est un jalon important pour Hydrovolt, et l’entrée sur le marché français nous permettra de conserver notre position de leader européen des véhicules électriques et du recyclage des batteries. Il est crucial pour nous d’établir une présence locale à travers l’Europe pour construire une chaîne de valeur circulaire», explique le PDG d’Hydrovolt, Ole-Christen Enger, dans un communiqué de presse.
L'usine à Hordain reste modeste. Hydrovoltdoit doit y mener la toute première étape du recyclage des accumulateurs usagés, consistant à démanteler les packs batteries. Son ambition est de traiter «quelques milliers de tonnes de modules par an», précise un porte-parole à L’Usine Nouvelle. Concrètement : les batteries usagées (qui peuvent peser 500 kilos par véhicule) seront donc analysées, déchargées, puis désossées par des opérateurs pour séparer la carcasse d’aluminium et l’électronique de contrôle des modules au sein desquels l’électricité est stockée.

- 120-3.15
Février 2026
Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Pour récupérer les métaux critiques que contiennent ces modules, il faudra ensuite les broyer et passer l'agrégat obtenu dans différents filtres pour obtenir ce que l’industrie appelle la “black mass” (une poudre qui concentre le lithium, le cobalt, le nickel et le graphite des batteries)... Elle-même devra ensuite être traitée par hydrométallurgie, pour séparer et purifier les différents matériaux, et pouvoir les réutiliser.
Concurrence pour les matériaux usagés
Ces deux étapes, de broyage et de purification, n'auront pas lieu en France. Hydrovolt prévoit de broyer les modules démantelés en France dans son usine de Norvège, et d'envoyer la black mass à d'autres industriels, car il n'opère pas lui-même d'usine hydrométallurgique. Début 2024, la start-up a notamment signé un partenariat avec le finlandais Fortum, qui a ouvert en 2023 la première usine européenne de recyclage hydrométallurgique des batteries à Harjavalta.
Cet investissement est une «première étape» explique un porte-parole d’Hydrovolt en précisant que l’usine d’Hordain pourrait monter en puissance, voire se lancer dans le broyage «pour suivre le développement du marché». Dans son communiqué de presse, l'entreprise norvégienne met en avant l’augmentation des besoins en métaux critiques qu'entraîne la montée en puissance du véhicule électrique, et argue que «le recyclage offre une nouvelle source de métaux de qualité batteries, qui est préférable aux matériaux fraîchement extraits des mines».
Un constat partagé par de nombreux industriels, qui se lancent sur le créneau alors que l'Europe s'est dotée d'objectifs ambitieux en la matière. Une ruée qui fait craindre une compétition exacerbée pour les batteries usagées, qui d'ici 2030 ne seront pas disponibles en quantité suffisante pour répondre aux besoins de tous les recycleurs, estime le cabinet spécialisé Circular Energy Storage.



