Chronique

Hydrogène dans les transports : la promesse verte qui cale

Histoires économiques, la chronique d'Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de L'Usine Nouvelle, avec France Inter.

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Station hydrogène Atavey
Station hydrogène Atavey

L'hydrogène est souvent présenté comme la star des mobilités propres dans les transports, la solution miracle pour les transports de demain. On parlait des trains propres, des bus, des poids lourds qui fileraient sur nos routes en limitant les émissions de CO2. Mais dans la réalité, le marché ne roule pas aussi bien que ça.

Il faut même avouer que le constat est sans appel : la filière cale. Les grands industriels freinent leurs projets, certaines grosses entreprises mettent même la clef sous la porte, les prévisions sont ajustées à la baisse et, du côté des clients, l’enthousiasme s'est évaporé.

Trop cher, pas assez vert... 

D'abord parce que l’hydrogène coûte très cher à la pompe. Le kilo est vendu autour de 20 euros, ce qui porte un plein à une trentaine d'euros. Pas viable, surtout vis à vis de l’électrique. Sans compter les infrastructures : construire une station de distribution coûte environ 2 millions d’euros et pour l’instant, la France n’en compte qu’une petite centaine en service ou en projet. Très loin d’un réseau à grande échelle.

Mais ce n’est pas tout. Les incertitudes technologiques sèment le trouble. On ne sait pas encore quelle approche de l'hydrogène va s’imposer à long terme : les piles à combustible ou les moteurs à explosion ? Et pour ne rien arranger, les trains et camions à batteries électriques, qu’on croyait hors-jeu, progressent à vitesse grand V. Résultat : l’hydrogène perd du terrain, y compris sur des usages qui lui semblaient, a priori, réservés.

Reste un problème majeur. Si l'hydrogène vert est une source d’énergie propre, la quasi-totalité de la molécule produite aujourd’hui dans le monde est ‘grise’ – c’est-à-dire fabriqué à partir d’hydrocarbures. Et même si l’Union européenne ambitionne de produire 10 millions de tonnes d’hydrogène vert d’ici à 2030, cette production ira d’abord vers des industries comme la chimie ou la sidérurgie, et pas vers les transports. Pour les trains et camions propres, ce sera probablement après 2030, au mieux. En attendant, ce sont surtout les alternatives hybrides et électriques qui continuent de progresser.

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