Huawei a trouvé le moyen de valoriser son savoir-faire dans les télécoms, sans vendre d’équipements de réseaux que beaucoup de pays occidentaux, Etats-Unis en tête, considèrent comme une menace pour leur sécurité nationale. Le géant chinois de la high-tech a annoncé mercredi 7 juillet avoir conclu un accord de licence de ses brevets dans la 4G à Volkswagen, marquant son plus grand accord de licence dans l'industrie automobile.
"En tant qu'entreprise innovante, nous possédons un portefeuille de brevets de premier plan dans les technologies sans fil, ce qui crée une grande valeur pour l'industrie automobile, déclare dans un communiqué Song Liuping, directeur juridique de Huawei. Nous sommes ravis que les principaux acteurs de l'industrie automobile reconnaissent cette valeur. Nous pensons que cette licence profitera aux consommateurs du monde entier grâce à notre technologie de pointe".
Cet accord constitue un franc succès pour Huawei en faisant de lui un pourvoyeur incontournable de technologies dans la voiture connectée. Le groupe Volkswagen s'est positionné en 2020 à la deuxième place des plus gros fabricants d'automobiles en volume, derrière le Japonais Toyota. Huawei s'attend à ce que plus de 30 millions de véhicules du constructeur automobile allemand soient connectés avec ses technologies 4G.
Déclin des ventes d'équipements
Du fait de l’embargo américain qui le frappe depuis mai 2019, Huawei dégringole dans les smartphones, qui forment près de la moitié de son chiffre d’affaires en 2020, et patine dans les réseaux télécoms. L’équipementier chinois est également pointé comme une menace dans les réseaux télécoms, ce qui lui vaut d'être banni de la 5G dans de nombreux pays, dont les Etats-Unis, le Canada, le Japon, le Royaume-Uni, l’Australie, la Suède et la Finlande. La concession de licence est un autre moyen de valoriser son savoir-faire dans les technologies mobiles et de compenser le déclin de ses ventes d’équipements.
Au cours des 20 dernières années, Huawei affirme avoir conclu plus de 100 accords de licence de brevets avec de grandes entreprises en Europe, aux États-Unis, au Japon et en Corée du Sud. Dans le même temps, il doit passer sous les fourches caudines de l’Américain Qualcomm et acquérir une licence de ses brevets pour ses smartphones.



