Transporter l’hydrogène grâce à un vecteur liquide : c’est l’idée développée par la start-up aixoise HSL Technologies, anciennement HySiLabs, créée en 2015. « Nous utilisons une molécule non toxique, appelée HydroSil, qui est un hydrure de silicium et à laquelle l’hydrogène se lie chimiquement, explique Pierre-Emmanuel Casanova, co-fondateur de l’entreprise. Une fois que le liquide est saturé, on peut le transporter d’un point A à un point B, en utilisant toute la logistique de distribution déjà déployée pour le carburant conventionnel fossile ». Sans coût supplémentaire donc, et sans tous les risques inhérents au transport d’hydrogène comprimé.
De l'eau pour récupérer l'hydrogène
Pour récupérer l’hydrogène une fois arrivé à destination, l’HydroSil est mélangé avec de l’eau et à un catalyseur. « Il se produit alors une réaction chimique spontanée qui libère l’hydrogène contenu dans le vecteur. Le liquide déchargé est ensuite récupéré. L’idée est que le camion-citerne qui apporte le vecteur chargé d’hydrogène puisse repartir, par exemple avec le liquide déchargé de la dernière livraison. Ce dernier peut être alors rechargé », détaille le co-fondateur. Concrètement, les unités de production du vecteur seront greffées aux sites de production d’hydrogène, pour le traiter directement en sortie d’usine. En termes de volume, un camion-citerne de 30 mètres cubes rempli de vecteur chargé est équivalent à 7 camions à haute pression. « Pour être transporté, l’hydrogène est en effet comprimé. Sauf que dans une bonbonne, 99% du poids vient du matériau servant à transporter l’hydrogène, pour éviter tout risque. Ce qui n'est pas le cas avec notre solution », selon Pierre-Emmanuel Casanova.
Une levée de fonds de 15 millions d'euros
Pour le moment, l’entreprise a déjà passé les étapes de pré-industrialisation. « Nous avons levé 15 millions d’euros il y a trois mois. Nous espérons d’ici à 2025 installer trois unités pilotes de chargement, pour 10 tonnes d’hydrogène par an et trois unités pilotes de déchargement, capables de traiter la même quantité. Puis d’ici à 2027, nous prévoyons l’installation de trois nouvelles unités de chargement, de plus grande taille : elles pourront traiter 10000 tonnes d’hydrogène », conclut Pierre-Emmanuel Casanova.



