Hausse des prix et pénuries, les industriels du secteur de l’eau aux abois

L’Union des industries et des entreprises de l’eau (UIE) lance un cri d’alarme devant la hausse brutale du prix des matières premières et leur raréfaction sur le marché. Elle demande aux pouvoirs publics des mesures d'accompagnement.

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Jean-Luc Ventura, Président de l'UIE
Jean-Luc Ventura, président de l'UIE (Union des industries et des entreprises de l’eau), alerte les pouvoirs publics sur la situation de son secteur.

L’Union des industries et des entreprises de l’eau (UIE), qui regroupe 220 entreprises d’infrastructures et d’équipements du secteur, réclame une adaptation de la commande publique et privée face à une forte hausse des prix et à une pénurie des matières premières (plastiques, acier, aluminium, cuivre...) pour les canalisations, usines, robinetteries, mais aussi pour le traitement de l’eau (polymères, antigel…). Les entreprises du secteur souffrent particulièrement de la hausse des prix depuis le début de l’année 2021.

"Il y a une forte tension sur les prix, mais ce que l’on redoute encore plus, c’est de ne pas pouvoir livrer, s’inquiète Jean-Luc Ventura, président de l’UIE. Nos entreprises ne s’engagent plus sur des délais et des prix sur l’année. On ne peut plus dépasser trois mois." Depuis le mois de janvier, le cours du PET a doublé, celui du polypropylène a augmenté de 70%, le PVC de 27%, les métaux d’environ 25% et cela continue. "Une augmentation qui est liée à la forte reprise de l’activité en Chine et en Amérique du nord, précise le président de la fédération. Il faudra un semestre pour retrouver une situation normale, sans doute pas avant septembre."

Une cellule de crise permanente

Ce secteur, qui réalise un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros et emploie 15 000 personnes, est composé à 90% des PME et TPE. Il souffrait déjà depuis un an du contexte économique et financier lié à la pandémie. Au premier trimestre, les commandes sont inférieures de 25% à la même période en 2019.

En plus des augmentations importantes des prix des matières premières, c’est donc la pénurie qui guette les professionnels du secteur. Les prochains mois vont être difficiles. "Nous avons mis en place une cellule de crise permanente pour trouver les approvisionnements plusieurs fois par semaine, indique Jean-Luc Ventura. Nous n’avons pas encore de gros retards sur les chantiers, car nous faisons beaucoup d’efforts pour trouver les matières, mais il y a un risque que les chantiers s’arrêtent à partir du début du second semestre."

L’UIE discute avec les pouvoirs publics, notamment avec le ministère de l'Economie à Bercy, pour obtenir la répercussion des hausses des prix des matières premières, la prolongation des délais d’exécution et l’absence de pénalités pour les retards sur les commandes publiques, qui représentent 80 à 85% de leur activité. La Fédération n’a pas encore été entendue, mais elle espère obtenir gain de cause rapidement, car les entreprises ne peuvent pas financièrement poursuivre des chantiers à perte.

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