La société H2V multiplie les projets de giga usines d’hydrogène vert en France et plus particulièrement dans le Grand-Est. Cette filiale du groupe Samfi Invest, société d’investissement d’Alain Samson, patron de Malherbe Transports, a pris une option sur 31 hectares de foncier sur le port public de Thionville-Illange, en Moselle. L’entreprise s’est engagée à acquérir cette fiche industrielle pour 4,6 millions d’euros auprès du syndicat mixte ouvert E-Log’In 4 et de la Sodevam (Société de développement et d'aménagement de la Moselle).
H2V projette d’y mettre en service quatre unités de 100 mégawatts, afin de produire chaque année 56 000 tonnes d’hydrogène renouvelable, par électrolyse de l’eau. Ce projet de 500 millions d’euros d’investissement dont la première tranche serait mise en service en 2026 permettrait la création de 120 emplois directs et 100 indirects.
Le site de production massifiée d’hydrogène vert doit sortir de terre à proximité de l’autoroute A31, un axe inscrit sur une des dorsales nord-sud les plus chargées d’Europe. « Ce projet vise essentiellement à répondre aux besoins futurs dans le domaine du transport routier de marchandises, une tranche de 100 mégawatts étant en mesure d’avitailler une flotte de 1 400 poidslourds », indique un porte-parole de H2V.
Saint-Avold en attente de financements européens
Soixante kilomètres plus à l’Est, le projet porté par l’entreprise sur le site de la centrale thermique au charbon de Saint-Avold (Moselle), affiche davantage une vocation industrielle. Bâti en partenariat avec GazelEnergie, il vise à alimenter la sidérurgie sarroise qui cherche à décarboner sa production d’acier. Le projet de quatre électrolyseurs de 100 mégawatts serait en attente de financements européens Innovation Fund, indique la société, qui table sur une pose de la première pierre en 2024.
Côté alsacien, H2V avait annoncé en novembre 2021 cibler le territoire de Fessenheim (Haut-Rhin) dans le cadre de la fermeture de la centrale nucléaire. Son projet de 200 mégawatts n’aurait cependant pas de site d’implantation bien identifié à ce jour. Quant au projet de gigafactory de dimension similaire annoncée il y a un an sur le site de l’ancienne aciérie de Gandrange (Moselle), il serait au point mort.
« H2V souhaite atteindre une capacité totale de 3 gigawatts installée en 2030. Nous nous appuyons pour ce faire sur l’expertise de nos équipes en développement de projets. Cette expertise a été reconnue dans le cadre du projet H2V Normandy au Havre (Seine-Maritime) repris dernièrement à 100 % par Air Liquide », poursuit le porte-parole. La société d’ingénierie de 20 salariés (chiffre d’affaires non communiqué) a également des programmes en cours de développement à Dunkerque (Nord) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).



