Il s'appelle « Cocotte ». Groupe Savoy, Pracartis, M2O et Alpes Usinage présentent mercredi 15 juin au salon Viva Technology leur nouveau vélo électrique à boîte de vitesses automatique. Les quatre industriels basés dans la Vallée de l'Arve (Haute-Savoie) ont annoncé le 7 juin s'associer dans le cadre du consortium Weshift. Le but est d'industrialiser la production de leur vélo et de quelques-uns de ses composants. « C'est important pour faire face à la pénurie actuelle de composants, justifie Arthur Allamand, directeur marketing chez Groupe Savoy. Les gros fabricants de vélos s'en sortent mieux, mais les plus petits peuvent avoir du mal à se procurer les dernières pièces pour finaliser un produit. »
Le consortium Weshift est le prolongement du projet H3 Bike, dans lequel les quatre industriels ont mis au point leur vélo électrique à la suite d'un rapprochement effectué en 2020 pendant la crise du Covid-19 pour fabriquer des masques. « Notre vélo a beaucoup évolué depuis. Nous sommes maintenant arrivés à une version finale qu'il est temps d'industrialiser », souligne Arthur Allamand, qui envisage des premières livraisons début 2023, avec un prix situé entre le milieu et le haut de gamme : 3 490 euros.
« La boîte de vitesse automatique de "Cocotte" évalue le meilleur rapport à passer pour le moteur et l'utilisateur, qui n'a plus à se soucier de passer les vitesses. Exit la chaîne, le dérailleur et la courroie », poursuit Arthur Allamand. « La transmission se fait de la boîte de vitesse à la roue arrière par un cardan, ce qui réduit la maintenance » précise-t-il.
Boîte de vitesses, freins et phares made in France
Pour industrialiser leur vélo, les quatre industriels comptent produire cette boîte de vitesse automatique qu'ils ont développée, mais aussi les freins et l'éclairage, développés en interne également. Ces composants pourront aussi être commercialisés auprès d'autres fabricants de vélos potentiellement intéressés. « Nous sommes déjà en contact avec certains d'entre eux », assure Arthur Allamand. Le moteur, le cadre, la selle, les roues... Ces autres briques du vélo « Cocotte » proviendront d'autres fournisseurs, en France et en Europe.
Cumulant un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros sur 2021, les quatre industriels apporteront chacun leur expertise. Spécialiste de l'injection plastique, du décolletage et de la mécatronique, Groupe Savoy est plutôt familier du monde de l'automobile. Alpes Usinages et Pracartis plutôt de l'aéronautique. Et M20 de la mise en place de lignes de production automatisées. Les quatre partenaires indiquent avoir trouvé de l’espace dans leurs bâtiments existants pour mettre en place les infrastructures d'industrialisation. « Des investissements ont déjà été faits et d'autres sont en cours, essentiellement dans des lignes d'assemblage et des outils », indique Arthur Allamand.
A peine établi dans le monde du vélo, le consortium Weshift voit déjà plus loin. « Nous souhaitons également commercialiser une voiture électrique sans permis », glisse Arthur Allamand. Son nom : « La Bagnole ». Il s'agit d'un buggy de moins de 300 kilos imaginé et prototypé par le constructeur KG Automobile, situé à Annecy (Haute-Savoie). « Nous réutiliserons certaines pièces du vélo comme l'éclairage, précise-t-il. L'homologation est attendue pour la fin de l'année et la production des premières pièces pour 2023. »



