Alors que la maire de Paris, Anne Hidalgo, vient d'annoncer que la quasi-totalité des rues de la capitale sera limitée à 30 km/h dès le 30 août afin de réduire la pollution et le bruit, de nombreux automobilistes seront sûrement tentés de troquer leur voiture contre un vélo. Ils ne seront certainement pas les premiers à effectuer cette transition. Depuis plusieurs années, les ventes de bicyclettes ne cessent de progresser, notamment en France.
Bond de 50% pour le VAE
Dans un rapport publié lundi 12 juillet, la Confédération de l'industrie européenne du cycle (Conebi) a indiqué que 22 millions de vélos ont été vendus au sein de l'Union européenne et du Royaume-Uni en 2020. Cela représente un marché de 18,3 milliards d'euros, en hausse de 40% par rapport à l'année précédente, et des investissements estimés à 1,5 milliard d'euros.
Les chiffres de la petite reine sont indéniablement dopés par la croissance exponentielle du vélo à assistance électrique (VAE), qui semble devenir peu à peu une évidence pour les consommateurs. D'une année à l'autre, ses ventes ont progressé de plus de 50% pour atteindre 4,5 millions d'unités, soit environ 20% du total. Des résultats quasiment identiques ont été observés en France. Selon l'Union sport et cycle, 514 672 VAE se sont écoulés en 2020 sur les 2,7 millions de vélos neufs, contre 388 000 en 2019 et seulement 56 000 en 2013.
Relocalisation naissante
Environ quatre vélos à assistance électrique sur cinq vendus en Europe ont d'ailleurs été fabriqués sur place, alors que les importations, notamment chinoises, étaient encore la norme il y a quelques années. Au total, le marché européen du vélo assurerait, selon Conebi, plus de 850 000 emplois. "Notre secteur apporte une valeur tangible à l'économie européenne en termes d'emplois, d'investissement, d'entrepreneuriat et d'innovation, affirme un responsable de la confédération. De plus, la production locale dans l'UE et le Royaume-Uni entraîne une réduction de plus de deux millions de tonnes d'émissions de CO2 par an".
Devenue nécessaire face aux pénuries de matières premières engendrées par l'épidémie de Covid-19, cette relocalisation de la chaîne de valeur bénéficie fortement à la France. Plusieurs acteurs de premier plan, comme les cycles Mercier, Angell ou Moustache Bikes, passent en effet à la vitesse supérieure. En conséquence, le prix moyen des vélos vendus sur le territoire est lui aussi en forte augmentation. Mais les primes de l'Etat et l'essor général des mobilités douces devraient suffire à conforter le dynamisme du secteur.



