Deux ans après la publication en France de l'arrêté du 13 mars 2020 relatif aux conditions de transformation des véhicules thermiques en motorisation électrique à batterie ou à pile à combustible, le rétrofit va passer à l'étape industrielle. Greenmot va investir 2 millions d'euros dans l'installation d'une unité de production de kits permettant de convertir la motorisation de véhicules lourds du diesel vers l'électrique et l'hydrogène.
Déployée sur 2 600 m² sur son site de Villefranche-sur-Saône (Rhône), l'usine devrait être opérationnelle courant 2023 avec plusieurs lignes de montage. Greenmot prévoit la production d'une cinquantaine de kits dès la première année d'exploitation, puis un kit par jour dès 2024.
Le verdissement des véhicules lourds
Les bus de transport en commun, les cars de transport scolaire, les camions et les véhicules de chantier, comme les pelleteuses et les tractopelles, pourront être équipés de ces kits offrant une autonomie de 300 à 500 kilomètres. « La pose coûte moitié moins cher que l'achat d'un véhicule neuf », assure la société caladoise, qui mène son propre projet de transformation d'un bus diesel en une propulsion électrique à batterie (Green-eBus).
L'objectif est d'allonger la durée de vie des véhicules transformés et de permettre leur exploitation dans les zones à faibles émissions (ZFE) qui voient le jour un peu partout dans l'Hexagone. Le développement de cette usine et l’industrialisation du kit de conversion bénéficient du soutien du plan France relance pour 500 000 euros, et de la Région Auvergne Rhône-Alpes à hauteur de 1,2 million d’euros.
Des cellules pour reproduire des conditions extrêmes
« Cette nouvelle activité industrielle va nous permettre de proposer des solutions pragmatiques de rétrofit zéro émission pour le monde de la mobilité autour du véhicule industriel », précise Stéphane Londos, président fondateur de Greenmot. Ce centre d'essais et bureau d'études destiné à tous types d'engins motorisés, de l'automobile aux véhicules militaires, a vu le jour en 2010 à Écully, en Métropole de Lyon (Rhône), avant de s'installer à Villefranche-sur-Saône, en 2014.
Greenmot L'entreprise Greenmot mène ses recherches et expérimente ses solutions sur un bus urbain diesel passé à la propulsion électrique. Crédit : Greenmot
Une levée de fonds de 2,5 millions d'euros, réalisée en 2019, a permis à la société d'investir 10 millions d'euros, l'an dernier, dans la reconversion d'anciens locaux ayant appartenu à la marque textile Adolphe Lafont. Greenmot propose notamment aux constructeurs et aux équipementiers automobiles quatre cellules de simulation climatique pouvant reproduire des conditions extrêmes (de - 46°C à + 55°C).



