Les déboires à propos du projet de centrale électrique néo-calédonienne de Doniambo seraient-ils sur le point de prendre fin ? Le 27 juillet, Hydrogène de France a annoncé avoir répondu à l'appel à manifestation d'intérêt du gouvernement de l'archipel pour le remplacement de l'installation, située à Nouméa.
Baptisé Cagou énergies, le projet représente un investissement d'un milliard d'euros et pourrait atteindre une puissance de 160 MW, voire 200 MW au besoin. Il se compose d'une première unité, appelée "Renewstable", qui produira 80 % de l'électricité de la centrale "grâce à un stockage massif d'énergie principalement sous forme d'hydrogène", précise un communiqué d'Hydrogène de France. Une unité diesel de 200 MW, acceptant les biocarburants, dispensera les 20 % restants.
Vers le développement d'une filière hydrogène en Nouvelle-Calédonie
"Contrairement aux centrales fossiles, ce très haut niveau d'intégration des énergies renouvelables permet de bénéficier des financements verts internationaux, ce qui contribue à rendre le prix de l'électricité très compétitif", ajoute le communiqué. Financé par les partenaires et investisseurs d'Hydrogène de France, Cagou énergies pourrait enclencher le développement d'une filière hydrogène en Nouvelle-Calédonie, notamment pour le déploiement d'un futur réseau de bus, camions et bateaux, espèrent les partisans du projet.

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À l'origine, cette centrale devait venir prendre la place de l'ancienne usine de Doniambo de la Société Le Nickel (SNL), une entreprise néo-calédonienne qui, comme son nom l'indique, extrait du nickel. Cette dernière initie un projet de remplacement au début des années 2010. Depuis, l'affaire traîne, notamment en raison des difficultés financières de l'entreprise.
La crainte de la faillite
Pour tenter de sauver la SNL, le gouvernement de Nouvelle-Calédonie l'a autorisée, en 2019 et pendant dix ans, à exporter 4 millions de tonnes de minerai à faible teneur en nickel. Sa maison mère, le groupe minier et métallurgique Eramet, lui a également concocté la même année un plan de sauvetage en vue de l'aider à sortir la tête de l'eau. Début 2020, ce fut au tour d'Eramet d'annoncer des résultats dans le rouge pour l'année qui venait de se terminer.
La crise sanitaire n'a pas arrangé les choses. Début juillet, la SNL, qui représente toujours le premier employeur privé de Nouvelle-Calédonie, a annoncé qu'elle pourrait faire faillite d'ici au début de l'année 2021. Pour éviter un tel scénario, la société espère pouvoir exporter encore plus de nickel et a fait appel à ses actionnaires, dont les trois provinces de ce territoire français du pacifique, afin d'obtenir des financements.



