General Motors veut doubler son chiffe d'affaires en 2030, une ambition crédible ?

Doubler son chiffre d’affaires d’ici à 2030, c’est l’objectif très ambitieux dévoilé par General Motors en pleine épreuve de rattrapage dans la course à l'électrification.

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GMC Hummer électrique EV BON FORMAT
Avec des modèles comme le Hummer EV, General Motors veut prouver qu'il peut se défendre dans le marché de la mobilité électrique.

General Motors veut marquer les esprits. Mercredi 6 octobre, le constructeur automobile américain a mené une opération séduction auprès des investisseurs en multipliant les annonces choc. Parmi elles : la promesse de doubler son chiffre d’affaires annuel à l’horizon 2030. En investissant massivement dans la voiture électrique et le logiciel, le groupe centenaire espère rattraper son retard sur Tesla. Un objectif crédible ? Certains experts partagent leurs réserves.

En 2020, General Motors (GM) revendiquait un chiffre d’affaires de 122 milliards de dollars (soit 105,6 milliards d'euros), en baisse de 11% par rapport à 2019. Il réalisait en même temps une marge opérationnelle ajustée de 7,9%. Un nombre que GM souhaite porter à 12%, voire 14% dans le cadre de ses nouveaux objectifs pour 2030. « Nous avons de multiples moteurs de croissance à long terme », fait valoir dans un communiqué Mary Barra, la PDG du groupe depuis 2016.

GM voit grand pour l’électrique et la voiture autonome

Parmi ces leviers, on retrouve en premier l’électrification : GM espère que ses ventes de voitures électriques dégageront 10 milliards de dollars (8,65 milliards d'euros) en 2023, puis 90 milliards (77,9 milliards d'euros) en 2030. Le constructeur automobile a aussi de grands espoirs pour Cruise, sa filiale dédiée au véhicule autonome.

Cette activité en plein développement faisait perdre 887 millions de dollars (767,5 millions d'euros) à GM en 2020. Mais le constructeur automobile espère générer 50 milliards de dollars (43,3 milliards d'euros) de ventes annuelles en 2030 grâce aux services de mobilité autonome. À l’occasion de sa présentation, GM a d’ailleurs annoncé le lancement à partir de 2023 d’Ultra Cruise, un système d’aide à la conduite permettant au conducteur de lâcher le volant dans 95% des scénarios sur la route.

Un constructeur en déclin

Pour l’analyste allemand Matthias Schmidt, le plan de GM est « est probablement motivé par le changement d'administration aux États-Unis, qui va renforcer les objectifs en matière d'émissions ». Si l’expert décrit une demande grandissante de véhicules électriques aux États-Unis, il voit aussi dans les annonces de GM « un stratagème pour attirer les investissements et gonfler le cours de l'action dans un climat où toute annonce de véhicule électrique est accueillie avec une hausse du cours ».

Face aux projets téméraires de GM, les analystes d’Inovev se montrent prudents. « General Motors a beaucoup décliné ces dernières années, rappelle Jean-Michel Prillieux, directeur des marchés au sein de la société. Tous les modèles qu’ils ont lancés dernièrement dans l’électrique ont été des échecs. » En 2020, la Chevrolet Bolt s’écoulait seulement à 26 552 exemplaires au niveau mondial. GM a vendu au total 202 488 véhicules électriques la même année, bien en-dessous des 499 550 voitures livrées par son concurrent américain Tesla. « Je ne pense pas que General Motors va revenir dans le peloton de tête », tranche Jean-Michel Prillieux.

Des atouts en Chine

Pour séduire le public américain avec des voitures électriques, GM a annoncé le lancement futur d’un crossover Chevrolet à 30 000 dollars (près de 26 000 euros). Avec ses marques GMC et Hummer, le groupe prépare également de futurs pick-up électriques. Un segment incontournable aux États-Unis. « Tesla ne va pas se laisser faire et multiplie les produits », prévient Jean-Michel Prillieux.

Le constructeur dispose tout de même d’atouts dans son chantier de transformation. « Là où GM a son épingle du jeu à tirer, c’est en Chine », fait remarquer Jean-Michel Prillieux. Sur le premier marché automobile mondial, GM s’est allié à Wuling pour produire la petite citadine Hongguang Mini EV, vendue à 117 599 exemplaires en 2020. « C’est la première voiture électrique sur le marché chinois », souligne Jean-Michel Prillieux.

General Motors a aussi dévoilé le 6 octobre un protocole d’accord non-contraignant avec la branche Renewable Energy de General Electric. Ensemble, les deux industriels veulent améliorer leur approvisionnement en terres rares et en aimants, des éléments indispensables à la fabrication des voitures électriques. Une alliance qui devrait permettre à GM de peser dans les négociations pour acquérir des matières premières très convoitées par les différents acteurs de la mobilité électrique.

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