Chronique

Gabriel Boudier, un alcoolier qui fabrique (surtout) pour les autres

[Drinks stories] A Dijon (Côte-d'Or), le fabricant de liqueurs, de crèmes et de gins Gabriel Boudier ne réalise que 10% de ses ventes grâce à sa propre marque, notamment connue grâce à la crème de cassis. La réalisation de projets de spiritueux clés-en-main constitue l’essentiel de son activité.

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Usine Gabriel Boudier
De 300 à 500 macérations peuvent être réalisées simultanément dans l'usine de Dijon.

A Dijon (Côte-d'Or), si le fabricant d’alcools Gabriel Boudier, créé en 1874, a bâti sa réputation sur sa crème de cassis, il s’est développé en fabriquant pour le compte de tiers. La PME spécialisée dans les liqueurs et spiritueux haut-de-gamme réalise 80% de son chiffre d’affaires à travers son département Boudier solutions. «En matière de spiritueux, nous sommes le bon tailleur chez qui on va se faire faire son costume», sourit Claire Battault, la directrice générale de l’entreprise (75 personnes, 18 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023).

«Nous avons toujours fait du travail à façon pour le compte d’autrui», poursuit Claire Battault, représentante de la quatrième génération de sa famille à la tête de l’entreprise, intégrée au groupe bourguignon Famille Piffault Vins & Domaines en 2022. Un client peut confier la totalité de son projet de création de spiritueux (élaboration de la recette, production, conditionnement), afin qu’il n’ait plus qu’à gérer que la commercialisation de celui-ci. Côté clients, «il n’y a pas de profil type», puisque le panel s’étend du créateur de start-up à la grande distribution, ou bien à de grands comptes qui ont par exemple besoin de capacités supplémentaires.

Parmi les réalisations phares, Gabriel Boudier se félicite d’avoir mené à bien, durant la période Covid, la création et le conditionnement d’une boisson spiritueuse pour un client britannique. Il s’agissait d’un globe avec des paillettes d’or et des LED. «Un produit qui montrait toute l’expertise de la maison, dans le cadre d’un projet monté en six mois», se félicite Claire Battault. La première année, 400 000 flacons ont été produits, pour terminer avec 3 millions de bouteilles la troisième année. L’entreprise assure aussi du conseil en matière d’étiquetage, dans un secteur à la forte réglementation. En plus de cette activité principale, la PME réalise 10% de ses ventes sur la formulation d’ingrédients (infusions, alcoolats, colorants naturels, arômes naturels) pour des tiers.

Des produits maison revisités avec des ingrédients originaux

Des ingrédients qui entrent notamment dans la composition des liqueurs, une catégorie d’alcools historiquement produite par l’entreprise, qui souhaite accélérer le mouvement. «Il y a un bel engouement pour les liqueurs, qui sont mélangeables, faibles en alcool, et faciles d’usage», observe Claire Battault.

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Des produits notamment destinés aux barmans, invités à créer des recettes depuis 2017 par l’intermédiaire d’un concours organisé par le distributeur britannique des produits de Gabriel Boudier. Les recettes lancées dans ce cadre ? Curcuma, moutarde, algue nori, combava. En France, l’exercice a été lancé en octobre 2024. Le gagnant, un barman vendéen, a imaginé une liqueur alliant du thé, de l’hibiscus séché et du poivre de Madagascar, pour un lancement commercial prévu en 2025.

L’un des objectifs poursuivis est d’augmenter la proportion des produits maison dans le chiffre d’affaires. A condition de ne pas aller trop vite : le gin au safran, commercialisé en 2008, «avait été lancé un peu trop tôt par rapport au marché et était très innovant pour l’époque». Aujourd’hui, il fait partie des meilleures ventes.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

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