Qui a dit que la liqueur était passée de mode ? A Nuits-Saint-Georges (Côte-d'Or), Vedrenne lance deux nouvelles références de liqueurs ou de crèmes par an. Il en va de même pour les sirops. Un moyen de faire vivre la marque phare de l’entreprise, créée en 1923 par Joseph Vedrenne dans la ville bourguignonne. Pour son centenaire, Vedrenne (95 salariés et 18,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022), filiale du groupe Iconic Nectars (ex-Renaud-Cointreau), sort une édition limitée de son best-seller, la crème Supercassis, avec une colorisation propre à chaque flacon. Elle continue également d’adapter ses outils à l’évolution de sa production.
«Nous comptons poursuivre notre croissance sur le marché français grâce à l’essor du cocktail et continuer le développement à l’export», annonce Sébastien Traverse, le directeur général du groupe, qui compte cinq sites industriels en France. Celui de Nuits-Saint-Georges est le plus important (75 personnes), combinant une distillerie et un site d’embouteillage (3,5 millions de cols par an). Pour un montant et un calendrier à déterminer, l’un des prochains objectifs est de doubler la capacité de production afin de répondre à la demande à l’export (40% des ventes aujourd'hui, réalisées dans 60 pays, contre 15% dans les années 1980).
«Quand l’entreprise a été rachetée en 1997, Vedrenne est passé d’une stratégie orientée vers les grossistes à un développement en grande distribution et à l’export. Il fallait répartir nos œufs dans plusieurs paniers, ce qui nous a permis d’avoir les reins solides pendant la période Covid-19», souligne Catherine Grand, la directrice industrielle de l’entreprise. Dans l’immédiat, trois nouvelles cuves de 200 hectolitres chacune doivent être livrées pour les liqueurs. Une façon de faire face à «l’explosion» des ventes de la liqueur de fleur de sureau, lancée il y a une décennie mais qui rencontre son public depuis trois ans, sous l’effet de la progression de l’utilisation en cocktails. Elle constitue désormais la deuxième référence en termes de production, derrière la crème de cassis.
Une organisation de la production repensée
L’outil industriel a également dû s’adapter à la rénovation des packagings, courant 2022. Un travail réalisé avec Verallia. Les formats des tireuses ont dû être revus, tout comme certains outillages. «La nouvelle bouteille étant plus conique, nous avons dû adapter notre ligne au niveau des chemins de convoyage avec de plus forts coefficients de glissement. Si les bouteilles s’accumulent, elles peuvent tomber comme un château de cartes sur la ligne», illustre Catherine Grand.

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Février 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Février 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
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Février 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Au cœur de la Bourgogne, Vedrenne doit faire coïncider l’évolution de sa production avec celle de ses effectifs. «Quand je suis arrivée en 2004, il y avait des profils qui étaient présents depuis l’origine du site. Nous avons dû attirer des personnels plus jeunes, malgré l’attractivité de Dijon et de Beaune. Pour répondre à l’augmentation des volumes, il a fallu mettre en place la polyvalence sur les postes de travail, ce qui n’a pas été facile», retrace la directrice industrielle. Le personnel de production travaille sur quatre jours, en 35 heures, en 1x8, «ce qui est appréciable dans le secteur agroalimentaire.»
A Nuits-Saint-Georges, les équipes s’attèlent par ailleurs à «adapter la culture du cassis en Bourgogne aux changements climatiques», poursuit Sébastien Traverse. Vedrenne travaille principalement avec du cassis Noir de Bourgogne, une variété précoce présentée comme l’une des plus aromatiques. Son savoir-faire est reconnu par l’intermédiaire du label Entreprise du patrimoine vivant, décerné en 2017. Pour ses autres productions, Vedrenne entend renforcer ses liens avec son agriculteur de gentiane dans le Massif Central, pour les besoins de la liqueur Salers, produite à Turenne (Corrèze), et obtenir en 2024 le label Agriculture biologique sur sa parcelle de verveine du Puy-en-Velay (Haute-Loire), destinée à la liqueur Verveine du Velay produite dans la ville.



